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Capacité des animaux à percevoir et reconnaitre la valence des émotions de leurs congénères. Importance des indices sensoriels.

ABG-105373 Thesis topic
2022-05-06 Other public funding
INRAe - Equipe NECOS
Nouzilly - Centre Val de Loire - France
Capacité des animaux à percevoir et reconnaitre la valence des émotions de leurs congénères. Importance des indices sensoriels.
  • Psychology, neurosciences
  • Health, human and veterinary medicine
indices olfactifs, indices visuels, indices auditifs, EEG, social buffering, contagion émotionnelle, ovin

Topic description

Pour avoir une meilleure compréhension des formes de conscience des animaux d’élevage, il est nécessaire
de comprendre la manière dont ils perçoivent leur environnement physique et social, et s’ils sont capables
de percevoir et reconnaitre les états émotionnels de leurs congénères. C’est cette capacité que nous
proposons d’explorer dans ce projet de thèse, en nous appuyant sur les concepts de contagion émotionnelle
et de social buffering. Plus précisément, nous proposons d’étudier comment un individu réagit aux indices
sensoriels (odeurs, vocalises…) de congénères aux états émotionnels contrastés (stress, apaisement, joie…) ;
et comment le groupe social influence ces réactions. Nous travaillerons avec le modèle ovin, connu pour son
fort caractère social (Guesdon et al 2012 ; 2015), sa capacité à reconnaitre des émotions faciales exprimées
par des congénères (Bellegarde et al 2017), et pour lequel plusieurs substrats neuronaux de la perception
sensorielle et des comportements socioémotionnels sont connus (Menant et al 2016 ; Nowak et al 2016 ;
Zelena et al 2018). Le projet s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire en combinant l’éthologie, avec des
tests comportementaux, la physiologie, avec des mesures endocriniennes et métaboliques, et les
neurosciences, avec des mesures d’activité cérébrale. Concernant ces dernières, nous proposons de
développer l’électroencéphalographie non invasive pour accéder aux processus centraux impliqués dans la
perception et l’expression des émotions. Les résultats obtenus dans ce projet de thèse ont vocation à
favoriser les émotions positives et à garantir l’environnement le plus serein et le plus apaisant possible tout
au long de la vie de l’animal jusqu’à sa mort.


Contexte et Hypothèses
En 2018, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a publié un avis relatif au bien-être animal (https://www.anses.fr/fr/system/files/SABA2016SA0288.pdf) dans lequel sa définition est centrée sur l’état mental de l’individu dans son environnement, en prenant en compte toutes les périodes de sa vie sans exclure ses conditions de fin de vie. Cette évolution de la définition du bien-être s’appuie sur différents travaux scientifiques qui ont mis en évidence la sensibilité des animaux à leurs conditions d’élevage et de mise à mort (Shimshony and Chaudry 2005, Deiss et al 2009, Bourguet et al 2010, Fraser et al 2013, Grandin et al 2014), témoignant ainsi de leur capacité à percevoir les changements d’environnement physique et social. Par ailleurs, il a été montré que les animaux d’élevage sont capables de percevoir et de réagir aux émotions de leurs congénères (ovin : Bellegarde et al 2017 ; bovin : Boissy et al 1998). De manière générale, l’ensemble de ces travaux suggère l’existence de différentes formes de conscience chez les animaux d’élevage (Newen et Bartels 2007 ; Le Neindre et al 2017 ; Monsó 2019), celle qui nous intéresse dans ce projet de thèse étant liée à la perception et la reconnaissance des émotions de congénères. Pour aborder cette question, nous faisons l’hypothèse que l’animal est capable de percevoir et d’interpréter les émotions de ses congénères en utilisant les indices sensoriels émis par ces mêmes congénères ; et que ces indices sensoriels pourront engendrer des émotions chez l’individu qui les perçoit. Pour démontrer nos hypothèses, nous ferons appel aux concepts de social buffering et de contagion émotionnelle déjà considérés chez l’ovin (Marino et Merskin 2019 pour revue).


Objectifs et Programme
Plusieurs études ont mis en évidence la capacité des ruminants d’élevage à discriminer des expressions émotionnelles faciales (ovins : Bellegarde et al 2017), à réagir à des indices olfactifs d’animaux stressés (bovins: Terlouw et al 1998) ou à adapter leurs comportements à l’état psychologique de leurs congénères (ovins: Hild et al 2007). Ces différents résultats suggèrent l’existence d’une communication qui pourrait être le socle de la contagion émotionnelle. La question de la contagion émotionnelle chez les animaux non humains est encore récente et revêt un caractère important dans la cohésion et la communication au sein des groupes sociaux (Pérez-Manrique and Gomila 2021). Souvent illustrée par la propagation du bâillement d’un individu à l’autre (cas rapporté chez l’ovin : Yonezawa et al 2017), la contagion émotionnelle nécessite différents processus cognitifs : l’expression émotionnelle perceptible par un individu, la perception et la reconnaissance de cette émotion par un tiers, l’induction d’une réponse émotionnelle similaire chez ce tiers. En nous appuyant sur ce concept, nous proposons (1) d’identifier des indices sensoriels exprimés par les congénères aux états émotionnels contrastés pour définir les stimuli sensoriels ; (2) de soumettre des individus à ces stimuli sensoriels ; (3) d’évaluer les réponses émotionnelles exprimées par les individus
exposés aux stimuli sensoriels. Pour cette première étape, nous travaillerons avec des indices olfactifs (urines, laine), auditifs (enregistrements de vocalises) et/ou visuels (photographies ou vidéos de congénères) issus de situations à valences émotionnelles fortes et contrastées (distribution de l’aliment, tonte, abattoir…). Le caractère grégaire de l’ovin en fait une espèce sensible au social buffering. Ce phénomène se traduit par le fait que la présence de congénères peut réduire, voire supprimer, l’impact d’évènements à valence émotionnelle négative. Cet effet apaisant peut être modulé par le lien d’attachement, le degré d’affinité entre les individus semblant être important (Kiyokawa and Hennessy, 2018). Pour étudier ce phénomène, nous proposons d’évaluer l’impact du groupe social sur les réponses émotionnelles exprimées par les individus exposés aux stimuli sensoriels qui auront été identifiés comme les plus saillants lors de la précédente étape. Les réactions émotionnelles seront évaluées par l’étude des réponses comportementales et endocriniennes. De plus, pour déterminer le niveau de traitement cognitif et explorer les différentes formes de conscience des individus, il est pertinent de considérer les réponses comportementales associées à des indicateurs physiologiques et neurobiologiques (Le Neindre et al 2017). Pour ces derniers, nous développerons l’électroencéphalographie (EEG) non invasive, qui apparait l’approche la plus adaptable et la plus pertinente pour évaluer l’activité cérébrale dans des états de bien-être (étude pilote réalisée chez le cheval : De Camp
et al 2020).

Références bibliographiques: Bellegarde et al 2017 doi:10.3389/fvets.2017.00188 ; Boissy et al 1998 doi:10.1016/s0031-9384(97)00466-6 ; Bourguet et al 2010 doi:10.1016/j.applanim.2010.03.008 ; De Camp et al 2020 doi:10.7717/peerj.8629 ; Deiss et al 2009 doi:10.1016/j.applanim.2010.03.008 ; Fraser et al 2013 doi:10.1016/j.tvjl.2013.06.028 ; Grandin et al 2014 doi:10.1016/j.meatsci.2014.05.011 ; Guesdon et al 2012 doi:10.1016/j.physbeh.2011.08.011 ; Guesdon et al 2015 doi:10.1016/j.physbeh.2015.04.013 ; Hild et al 2007 doi:10.1016/j.applanim.2011.04.003 ; Kiyokawa and Hennessy, 2018 doi:10.1016/j.neubiorev.2017.12.005 ; Le Neindre et al 2017 doi:10.2903/sp.efsa.2017.EN-1196 ; Marino et Merskin 2019 doi: 10.51291/2377-7478.1374 ; Menant et al 2016 INRA Prod. Anim. 29 (4), 241-254 ; Monsó 2019 doi:10.1007/s10670-019-00187-2 ; Newen and Bartels 2007 Philosophical Psychology 20(3):283-308 ; Nowak et al 2016 INRA Prod. Anim. 29 (4), 267-278

Starting date

2022-10-03

Funding category

Other public funding

Funding further details

Bourse de thèse INRAE

Presentation of host institution and host laboratory

INRAe - Equipe NECOS

L'UMR PRC rassemble 125 agents permanents (INRAE majoritairement, CNRS, Université de Tours et de Poitiers, IFCE, MNHN) dont 53 chercheurs et enseignants-chercheurs, 36 ingénieurs et assistants ingénieurs, 36 techniciens et administratifs. L'unité accueille 120 stagiaires annuellement (33 doctorants et post-doctorants au 01/12/2022) et environ 20 personnes en CDD sur des contrats de recherche. Le budget annuel des ressources est près de 3 millions d'euros. L'unité est impliquée dans 17 ANR, 9 programmes européens et 26 contrats Région. L'Unité publie en moyenne environ 120 articles scientifiques par an et contribue à 100 communications à colloques et congrès.
Au sein d'INRAE, l’équipe neuroéthologie et Cognition Sociale (NECOS) réunit des chercheur.es en éthologie et des chercheur.es en neurosciences du comportement et de la cognition (8,5 ETP scientifiques). Une partie du soutien expérimental est assurée par une technicienne de recherche en comportement animal (0,5 ETP-TR), une technicienne de recherche en imagerie cérébrale (1 ETP-TR) et une aide technique (0,6 ETP-ATP). L’équipe NECOS est sous la co-responsabilité d’E. Chaillou (CRHC, HDR et de R. Nowak (DR2, HDR, CNRS).
Les résultats de l’équipe NECOS participent à une meilleure compréhension des comportements socio-émotionnels et de la cognition des animaux par une approche neuroéthologique. L’équipe NECOS, créée au 1er janvier 2022, réunit des primatologues, des spécialistes de la cognition sociale, des spécialistes du bien-être animal et des spécialistes des neurosciences du comportement animal.

Candidate's profile

Pour cette thèse, nous recherchons un.e candidat.e motivé.e avec une appétance pour la pluridisciplinarité. Les qualités humaines, l'ouverture d'esprit, le respect et la bienveillance seront des qualités appréciées.

Des compétences en comportement, éthologie et cognition et/ou en physiologie (neuroendocrinologie du stress) et/ou en neurosciences (EEG) sont attendues.

Les qualités rédactionnelles, la communication, le travail en équipe seront des critères pris en compte lors de la sélection des candidat.es.

Le.la candidat.e devra être titulaire d'un diplôme de master II au moment de son inscription en thèse. Tous les profils de formation sont les bienvenus: universitaire, vétérinaire, agronome (...).

2022-06-03
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