Devenir des contaminants chimiques dans l’environnement après irrigation de sols agricoles avec des eaux usées traitées et désinfectées
| ABG-138528 | Thesis topic | |
| 2026-04-17 | Public funding alone (i.e. government, region, European, international organization research grant) |
- Chemistry
- Ecology, environment
Topic description
Contexte : La raréfaction des ressources en eau implique la recherche de nouvelles ressources en eau notamment pour l’irrigation en agriculture qui demeure le premier secteur consommateur en eau prélevée dans le milieu naturel (56% des volumes d’eau prélevés en France, 5 milliards de m3/an).
La réutilisation des eaux usées commence à s’imposer en France comme l’une des alternatives aux prélèvements dans le milieu naturel, avec une véritable volonté politique de passer de 1% de réutilisation des eaux usées actuellement à plus de 10% d’ici 2030, objectif fixé dans le plan « eau » 2023 du gouvernement. Cette volonté politique s’est également traduite en termes législatifs avec la publication du décret n°2023-835 du 29 août 2023 relatif aux usages et aux conditions d'utilisation des eaux de pluie et des eaux usées traitées, et ses arrêtés du 14 décembre et du 18 décembre 2023, relatifs, respectivement, à l’usage « arrosage des espaces verts » et à l’usage « irrigation de cultures ». Au niveau régional, le plan « Or Bleu » vise lui aussi à réutiliser 10% de ses eaux usées d’ici 2030. Ces objectifs de réutilisation des eaux usées en agriculture ne peuvent être atteints que par la démonstration pour les consommateurs (et les agriculteurs) que les techniques de traitement employées garantissent une sécurité sanitaire et environnementale optimale.
Le traitement d’affinage appliquées aux eaux usées sortant des stations d’épuration est aujourd’hui bien étudié, et les techniques mises en œuvre de filtration (sur sable ou membranaire) pour éliminer une majorité des composés organiques et de désinfection par rayonnements ultraviolets semblent suffisamment efficaces pour atteindre les niveaux de qualité requis par la réglementation pour un usage en irrigation agricole.
Les problématiques scientifiques se posent plutôt désormais sur les modifications potentielles de la qualité de l’eau lors de l’étape située entre le traitement d’affinage et l’utilisation de cette eau d’irrigation, c’est-à-dire lors du stockage (Schéma 1), et sur l’impact de l’évolution de la qualité chimique de cette eau stockée en irrigation. En effet, lors du stockage des eaux usées traitées et affinées, la réglementation française impose de mettre en place une mesure « barrière » pour « réduire au minimum le risque de transmission d’agents pathogènes des eaux usées traitées » (c’est-à-dire pour limiter la reviviscence bactérienne). Ceci implique l’utilisation d’un désinfectant chimique (le plus communément à base de chlore) qui, en plus de son effet souhaité d’élimination des microorganismes ou de moyen de lutter contre la reviviscence bactérienne, va réagir avec la matière organique encore présente dans l’eau usée traitée et affinée, et engendrer, involontairement des sous-produits de désinfection.
Les travaux de recherche menés jusqu’à maintenant au laboratoire ont permis d’identifier une partie des composés générés lors de la chloration de ces eaux usées traitées, de suivre l’évolution de ces composés dans l’eau et leur migration dans des salades, légumes choisis lors de ces premières études, car pouvant être en contact direct avec les eaux usées traitées. Parmi les nombreux résultats obtenus au cours de ces travaux, des composés chlorés ont été retrouvés dans les sols alors qu’ils n’étaient pas présents dans l’eau d’irrigation, suggérant une transformation dans les sols. Cette découverte est importante car elle démontre que, pour mener évaluation exhaustive des risques sanitaires et environnementaux liées à l’utilisation d’eau usées traitées pour l’irrigation en agriculture, il faut non seulement s’intéresser aux composés chimiques présents dans l’eau d’irrigation mais également suivre et identifier les composés chimiques formés dans les sols et les végétaux/légumes à partir de ceux qui étaient présents dans l’eau.
Objectifs : Les objectifs de cette thèse sont de répondre aux questionnements suivants : i) quels sont les mécanismes de transformation des sous- produits de chloration dans les sols (composition et paramètres physico-chimiques des sols vs phénomène de biodégradation ou de transformation par des phénomènes d’oxydo-réduction) ; ii) les sous-produits formés ont-ils une capacité d’assimilation par le système racinaire augmentée ?; iii) ces sous-produits sont-ils stables au sein du végétal ou sont-ils également transformés au sein du végétal/légume ? iv)) quels sont les impacts de ces eaux usées sur la diversité et l’activité microbienne des sols ? et v) ces sous-produits présentent-ils une toxicité pour le consommateur ?
Méthodologie : Le projet associera des études fondamentales en laboratoire (étude des mécanismes de formation et de transformation des sous- produits dans l’eau, dans les sols et dans des légumes), en faisant varier différents facteurs (types de sols, types d’eaux - eaux usées synthétiques dopées en sous-produit de chloration et eaux usées traitées réelles-, taux d’humidité des sols, température de l’eau et des sols) et des études au champ, en milieu réel (collaboration avec le lycée agricole de Valabre qui met à disposition une parcelle pour cette étude). Lors des essais en laboratoire, des eaux usées traitées seront dopées avec des sous-produits de chloration marqués, ce qui permettra de suivre plus précisément le devenir de ces molécules au sein des compartiments, eau-sol-légume (dont racine, tige, feuille). Les légumes retenus pour cette étude seront des jeunes radis car ils représentent un scénario « pire cas » : ils poussent dans les sols et sont donc en contact direct avec les eaux usées traitées et désinfectées et au contact du sol irrigué. Ils présentent également l’avantage de pousser assez rapidement et d’avoir un système racinaire suffisamment développé pour pouvoir être analysé par la suite. Les expérimentations (en laboratoire et au champ) seront monitorées en termes de suivi d’humidité des sols, de température, de conductivité et de potentiel d’oxydo-réduction.
Ces travaux nécessiteront la mise au point de développements analytiques importants pour l’extraction/préconcentration/purification des composés ciblés et pour l’identification des sous-produits formés dans les différentes matrices (eaux, sols, racines, tiges, feuilles, légumes). Les méthodes analytiques reposeront principalement sur l’utilisation de la chromatographie en phase liquide et gazeuse couplée à la détection par spectrométrie de masse et par capture d’électrons (LC-MS, GC-MS-ECD), et sur la chromatographie isotopique (GC-C-IrMS) pour suivre le devenir de molécules marquées.
A côté du volet chimie analytique (analyses ciblées et non ciblées) et chimie réactionnelle (identification des mécanismes de transformation, et étude des processus de translocation) qui prendra la part prépondérante dans ce projet, une collaborations avec l’IMBE (équipe POpulations, Paysages, Communautés & cOnservation, Anne-Marie Farnet qui sera co-encadrante de cette thèse) permettra également d’étudier les modifications des communautés microbiennes du sol induites par l’irrigation avec ces eaux usées traitées et désinfectées, et de tester leurs effets sur les activités microbiennes du sol (protéases et uréases, deux marqueurs de la transformation de la matière organique issue des effluents, respiration basale et diversité fonctionnelle microbienne via le profil physiologique au niveau catabolique) et sur la biomasse microbienne.
Starting date
Funding category
Funding further details
Presentation of host institution and host laboratory
Le Laboratoire de Chimie de l'Environnement (LCE) est une Unité Mixte de Recherche (UMR7376) ayant pour tutelles l'Université Aix-Marseille et le CNRS. Les domaines d'activité du LCE concernent :
- la détermination des cinétiques et des mécanismes chimiques et photochimiques de transformation et de transfert des contaminants dans l'air, l'eau et les sols
- le développement de méthodes analytiques innovantes pour l'analyse des contaminants dans l'air et dans l'eau.
Sur ces thématiques, des recherches à caractères fondamental et appliqué sont conduites. Les études fondamentales ont pour objectif de faire avancer les connaissances dans le domaine de la chimie analytique de l'environnement et de l'évolution chimique et physico-chimique des contaminants dans les compartiments de l'environnement (air, eau, sol).
Ces connaissances sont mises à profit pour répondre aux attentes sociétales sur la gestion des écosystèmes naturels et anthropiques en appuyant la surveillance de la qualité environnementale sur le suivi de la qualité chimique de cet environnement et de son évolution. Ces connaissances sont également utilisées pour répondre aux besoins du monde économique pour la surveillance des eaux d'adduction et des atmosphères de travail et/ou de production, l'optimisation des process de fabrication et la gestion des effluents gazeux et/ou liquides. Cela se concrétise par de nombreuses collaborations avec des PME-PMI et/ou de grands groupes dans de nombreux secteurs tels que la micro-électronique, la pétrochimie, la distribution d'eau etc.
Ainsi, le LCE s'est clairement engagé dans une voie de recherche innovante, en développant en amont de la surveillance environnementale, une compréhension de la chimie des milieux. Ces travaux permettent à terme de proposer des méthodologies et/ou des outils de surveillance, de contrôle et d'évaluation de la qualité des environnements naturels et anthropiques.
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Le/la candidat(e) recherché(e) doit être inscrit(e) dans un master de chimie analytique ou de chimie de l’environnement ou équivalent, de préférence obtenu avec au minimum une moyenne de 14/20. Il/elle devra avoir de bonnes connaissances en chimie analytique (méthodes spectroscopiques et chromatographiques, si possible GC/ECD, GC/MS, LC/MS) et il/elle devra être attiré(e) par les problématiques concernant les sous-produits de chloration et la thématique gloable de la reut.
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