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Sarah Enouz, coordinatrice de projets scientifiques à l’Institut Imagine

Au départ chercheuse en biologie, Sarah Enouz a choisi une reconversion vers le métier de coordinateur de projets scientifiques. Une profession qui reste proche du laboratoire, mais avec une démarche complètement différente : plus du tout de travail de paillaisse, mais de la communication et des outils à destination des acteurs de la recherche biomédicale, afin d’en fluidifier le fonctionnement et tenir les délais, en particulier pour la mise en place des essais cliniques.

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C’est notamment le bénévolat qui a joué une place importante dans la transition de carrière de Sarah Enouz. Elle poursuit d’ailleurs aujourd'hui cette activité pour le compte du Forum BIOTechno :

En quoi consiste votre métier à l’Institut IMAGINE ?

Sarah Enouz : « Je suis coordinatrice de projets scientifiques, grant manager en anglais, à l’Institut des maladies génétiques Imagine, au sein du  laboratoire de lymphohématopoïèse humaine co-dirigé par le professeur Cavazzana et le docteur André-Schmutz. Celui-ci  compte une trentaine de personnes. Je m’occupe de suivre tous les projets scientifiques en cours, les demandes de financement nationaux ou européens, rédiger les rapports scientifiques de ces demandes de financement, et également d’établir et aider à mettre en place des contrats avec des industriels dans le cadre de partenariats.»

 

Au quotidien, comment se déroule votre activité ?

SE : « En général, mes journées de travail consistent à gérer tous les projets en cours, en fonction des deadlines. Il y a beaucoup de rédaction, de suivi et de communication avec les différentes personnes, que ce soit les techniciens, les ingénieurs, les cliniciens pour connaître le stade du projet et les besoins de rédaction. »

 

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans le métier de coordinateur scientifique ?

SE : « Le fait de parler avec un grand nombre d’interlocuteurs, du responsable de laboratoire au clinicien, au gestionnaire réglementaire qui va m’aider sur la rédaction des rapports scientifiques. On joue aussi un rôle d’accompagnement ou d’organisateur avec les scientifiques, en leur rappelant les échéances importantes : dans mon activité où j’aide à la mise en place d’essais cliniques, c’est vraiment fondamental qu’il n’y ait pas de retard. Un autre aspect intéressant concerne la valorisation de la recherche. Les partenaires industriels vont parfois faire des propositions qui ne considèrent pas suffisamment le travail du scientifique. Mon rôle, avec le département de valorisation et de transfert de de technologie d’Imagine, est de faire en sorte qu’il soit reconnu à sa juste valeur, par exemple en chiffrant le temps passé sur les recherches antérieures à un essai clinique. Cela inclut des phases de négociation auxquelles j’assiste pour l’instant en tant que simple observatrice, mais c’est une composante que je pourrais être amenée à développer à l’avenir. 
Je me sens plus à ma place dans le métier que j’exerce aujourd’hui que lorsque j’étais dans la recherche académique. Par contre, ce qui me plait est d’être toujours en lien avec des chercheurs. Je ne suis pas encore totalement coupée de la recherche ! »      

 

Racontez-nous votre période de transition entre le doctorat et votre métier actuel.

SE : « C’est réellement en post-doctorat que j’ai réalisé que je ne voulais plus continuer dans le milieu académique, et m’éloigner progressivement de la paillasse. J’ai alors choisi de m’engager sur des projets associatifs, dont j’ai eu connaissance grâce à des mailings internes de l’Institut Pasteur. Le premier, « Pint of Science », m’a paru un bon moyen de valoriser les compétences transverses acquises pendant ma thèse, en communication et en vulgarisation scientifique notamment. Le second projet était l’organisation du Forum BIOTechno en 2015, que j’ai plus vu comme un challenge personnel : arriver à organiser en quelques mois et sur mon temps libre, avec une cinquantaine de bénévoles, un évènement sur toute une journée… Rien ne nous prépare à ça en doctorat ! Tout était passionnant dans ce projet, qui requiert un gros travail d’équipe : concevoir un agenda, trouver des budgets en négociant avec les sponsors, solliciter des intervenants…

J’ai également entrepris des démarches auprès de la MAASCC (ndlr : structure d’accompagnement et de suivi des carrières créée en 2014 pour les chercheurs de l’Institut Pasteur), qui s’est montée alors que j’étais en post-doctorat. J’y suis allé deux semaines après l’ouverture, avec beaucoup de questions à leur poser ! J’avais alors quelques idées de reconversion possible – initialement dans la communication scientifique - et une liste de choses que je ne voulais plus faire dans mon travail, mais pas réellement de clés sur mes possibilités de carrière avec un doctorat. J’ai été accompagnée pendant un an, au rythme d’un entretien mensuel, avec à chaque fois des missions précises à remplir : démarche réseau, analyse approfondie d’un métier, rédaction de lettre de motivation… »

 

L’ABG a également joué un rôle important dans votre transition, avec les Post-Doctoriales. Comment avez-vous eu l’idée d’y participer ?

SE : « J’ai découvert l’ABG grâce à la MAASCC, je n’en avais pas entendu parler avant. La personne chargée de mon suivi m’a conseillé d’aller voir le site web, où j’ai découvert plusieurs offres d’emploi, des formations, et c’est comme ça que j’ai connu l’existence des Post-Doctoriales, dont une qui avait lieu au mois de juin 2015 à l’Institut Pasteur. J’ai donc participé à cette session-là : ça a été trois jours où j’ai encore pu mieux définir mon projet professionnel, plus faire appel au réseau, me rendre compte que je n’étais pas la seule à avoir envie de quitter le monde de la paillasse, sans forcément savoir ce que je pouvais faire avec ma formation. Ces trois jours ont été riches en rencontres, découvertes et en valorisation de ma formation surtout. Parmi les quatre intervenants d’une table ronde organisée lors de ces Post-Doctoriales, j’ai en effet discuté avec une chargée de projets scientifiques dont le métier semblait très proche de ce que je faisais à l’époque pour le forum BIOTechno. Cela m’a conforté dans mon projet de reconversion dans la coordination scientifique, qui était déjà bien avancé grâce à la MAASCC. »

 

Rétrospectivement, qu’est-ce qui a été le plus difficile dans cette période de transition ?

SE : « La transition est une période difficile, qui s’accompagne de beaucoup de questions : est-ce que la paillasse va me manquer ? Suis-je à la hauteur pour ce nouveau métier ?... C’est important de pouvoir se reposer sur son réseau, et compter sur un soutien moral, que j’ai trouvé pour ma part en m’engageant dans le bénévolat - y compris à l’ABG, où j’ai passé 3 mois ! - sur le plan personnel, une transition est l’occasion de rencontrer des personnes très intéressantes : je suis encore au contact avec beaucoup d’entre elles à ce jour. »

 

Qu’est-ce qui pourrait selon vous aider les doctorants en situation de transition professionnelle à  engager plus tôt le processus ?

SE : « Il faudrait inciter les jeunes chercheurs à prendre plus en main leur projet professionnel, même si je comprends que certains n’ont pas envie d’y réfléchir au moment de la thèse. Cela aiderait si les enseignants-chercheurs qui nous donnent cours expliquaient assez tôt que la recherche demande beaucoup de ténacité, et que nous ne sommes pas tous destinés à obtenir un poste de chargé de recherche puis de directeur de recherche.  Pour l’heure, c’est au doctorant de se renseigner lui-même sur les débouchés qui existent après sa formation, et il ne va pas forcément se poser les bonnes questions tout seul. Or, il y a un autre monde derrière celui de la recherche académique, et il peut mener à un large choix de métiers différents. »     


 
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