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Paroles de docteurs : Le métier de playground manager

Playground manager au sein d'une école de management : un intitulé original, pour un métier peu connu... et occupé, à l'EM Grenoble (GEM), par Isabelle Patroix, titulaire d'un doctorat en littérature.
Dans cette interview, elle prend le temps de nous raconter avec enthousiasme, son métier, son parcours et de donner quelques conseils !  

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Présentation

La transition recherche - playground manager

Le processus de recrutement

Les conseils


Présentation

 

 
Bonjour Isabelle. Pouvez-vous vous présenter... Quel est votre parcours ?


Je suis Isabelle Patroix, j’ai obtenu mon doctorat en littérature française et comparée en mai 2014 (Université de Grenoble Alpes). J’ai étudié l’ensemble de l’œuvre de Wajdi Mouawad sous les prismes de l’identité et de la création (théâtre francophone contemporain).

Je travaille aujourd’hui comme Playground Manager à l’école de commerce de Grenoble (Grenoble Ecole de Management : GEM)

 

J’ai fait toute ma scolarité en lettres (bac L, licence de lettres modernes, Master littérature française et comparée). Pour mon mémoire j’ai travaillé sur Le vol d’Icare de Raymond Queneau, j’y ai étudié les inspirations d’un auteur, sa manière de se saisir de son objet pour en faire un roman.

 

Afin de financer mes études j’ai travaillé en boutique Orange à mi-temps dès les années de master, puis à la suite de ma soutenance, j’ai également monté un réseau de circuit court (directement du producteur aux consommateurs) en autoentrepreneur, car le sujet (consommation locale) me tenait à cœur, mais également parce-que je souhaitais me confronter à la réalisation d’un autre projet « grandeur nature ». Avoir un projet à mener, réaliser, concrétiser, « voir devenir vrai » est très important une fois la thèse soutenue.

 

En quoi consiste votre métier en termes de missions / responsabilités ?


Je suis responsable de l’activité serious games de GEM. L’école crée des jeux sérieux (jeux pédagogiques) qui sont utilisés en formation initiale auprès des étudiants et en formation continue auprès des entreprises. Le Playground que je dirige est le service qui s’occupe de la création des jeux et de leur déploiement.

Mes missions sont donc très variées :

  • j’accompagne la création des jeux (je crée les jeux avec l’équipe projet composée de profs, d’étudiants et de représentants entreprises) ;
  • j’imagine et conçois les programmes dans lesquels les jeux seront déployés (ingénierie pédagogique) ;
  • je m’occupe aussi de la valorisation de ces jeux (organisation de playtests, de conférences, etc.) ;
  • je contribue à la commercialisation de ces jeux à l’externe pour les entreprises et je facilite ces jeux auprès des apprenants.

Il m’arrive également de publier des articles sur ces thématiques et de donner des conférences. Les jeux sérieux deviennent un véritable objet de recherche.

 

 

Parlez-nous de ce qui vous plaît et de ce qui vous plaît moins.
 

J’adore mon métier. Il est très agréable de voir de nouveaux jeux se créer et ensuite être utilisés. J’apprécie les suivre d’un bout à l’autre et voir les conséquences de ces jeux sur les apprenants. Je suis fière quand un jeu atteint sa cible.

 
Quelles sont les compétences indispensables pour exercer le métier de playground manager ? 

 

Ce métier est très complet. Son exercice nécessite :

  • un bon esprit d’analyse pour comprendre la problématique qui va être mise en jeu (dans tous les sens du terme !).

    Il peut s’agir de la problématique d’un prof (comment faire comprendre aux étudiants ce qu’est une supplychain ; comment accompagner les étudiants à construire leur éthique vis-à-vis de la finance, etc.) ou d’une entreprise (comment comprendre un processus d’innovation, comment solliciter la créativité, imaginer de nouveaux produits et services, etc.) ;
  • de la créativité pour l’élaboration des jeux ;
  • une vision globale et de solides compétences en gestion de projets ;
  • un bon sens de la communication, de la coordination, être médiateur et savoir écouter et comprendre chacune des parties prenantes ;
  • de savoir argumenter et convaincre lorsqu’il s’agit de proposer aux entreprises une formation sur mesure incluant un jeu ;
  • de bonnes qualités rédactionnelles et un esprit critique sont requis pour rédiger les articles de recherche.

 

Que vous apporte l’expérience de recherche dans l’exercice de vos responsabilités ?
 

Tout ! En effet, je ne serais pas à ce poste si je n’avais pas effectué de doctorat. L’assurance, l’autonomie, la persévérance, la compréhension de problématique variée, créer et suivre une méthode, fournir une réponse argumentée adaptée, sont autant de savoirs et de qualités que la recherche m'a permis de développer.

 

 

La transition Recherche - playgrounD manager @GEM

 

 

Quelles raisons vous ont poussées à quitter la recherche ?
 

Je ne considère pas avoir « quitté » la recherche, j’enseigne encore régulièrement, une part de mes missions correspondent encore à de la recherche. Je dirais que mon poste est, à mes yeux, plus complet. Il me correspond mieux.

 

 

Racontez-nous quels ont été pour vous les ressorts de cette transition ?
 

Lors de ma soutenance de thèse, j’ai invité "le monde entier ^_^"... À partir de là, le réseau a fait le reste. Le bouche-à-oreille m’a permis de positionner ma candidature sur un post-doc à l'école de management de Grenoble (GEM). Pendant un an j’ai travaillé sur les manières dont les mécanismes ludiques permettre de solliciter la créativité.

J'ai toujours eu une appétence pour la gestion de projet. J’ai, par ailleurs, été membre du conseil d'administration d’une association de doctorants de l'Université de Lyon : Les têtes chercheuses, au sein de laquelle j’ai notamment géré l’édition d’un journal et l’organisation de colloques. J’ai également été représentante des doctorants dans mon laboratoire de recherche pendant ma thèse.

 

Ces différents engagements, associés à mes expériences pro (Orange, bibliothèque universitaire, etc.) m’ont permis ensuite de prendre la direction du service « serious games ». Il y a beaucoup de moi dans ce poste. Il s’est modulé et construit en fonction de ce que j’aime réaliser, de mes compétences et de mes expériences.

 

 
De quelle manière avez-vous marketé vos compétences / expériences, afin de les rendre lisibles et attrayantes hors du secteur académique ?

 

J’ai rencontré et été suivi pour quelques séances par un conseiller APEC, il m’a aidé à traduire mes expérience pro en jargon entreprise. Les séances ont été un fil conducteur dans ma réflexion et j’ai aussi beaucoup échangé avec des collègues de GEM. Ils m’ont conseillé en vue du passage du post-doc au CDI.

Le processus de recrutement

Votre doctorat était-il un prérequis / atout au moment du recrutement ? 

Je n’aurai pas été embauchée sans mon doctorat. C’était une condition sine qua non.

De quelle manière s’est déroulé le recrutement ? Et de quelle manière vous êtes-vous préparée à y faire face ?
 

Le recrutement était assez classique : des entretiens avec la responsable de projet pour le post-doc puis avec le doyen de l’école, puis le directeur adjoint. J’ai rencontré aussi quelques responsables de DFR.

Je me suis entrainée avec la personne qui avait demandé un post-doc dans son service. Nous avons travaillé sur des fiches de poste (en vue de la création du poste de directrice de service « serious games »).

 

Avez-vous sollicité votre réseau dans cette démarche ? Si oui, comment ?
 

J’ai aussi beaucoup travaillé sur mon CV avec des anciens employeurs (chez Orange par exemple) et j’ai candidaté sur d’autres postes ressemblants (un poste au sein du Lab innovation d’Orange, et un poste de direction de FabLab).

 

Les conseils

 

Quels conseils donneriez-vous à des docteurs intéressés par le métier de playground manager ?  Ou concernant le réseau ?

 

De manière générale, j’ai trois conseils :

  • Diversifier ses activités

Même si j’adore la recherche et l’enseignement c’est en travaillant en boutique mais aussi en prenant part à la vie associative de la fac que j’ai découvert plein de choses ! J’ai découvert de nouveaux univers et je me suis aussi rendue compte que j’avais d’autres compétences, d’autres envies et que finalement je souhaitais un métier « plus complet » qui correspondent vraiment à ma personnalité professionnelle.

  • Etre capable d’avoir une vision transverse

La conduite du doctorat amène à développer des compétences utiles en dehors de la recherche, de ressources, de personnalité… Il faut être capable d’identifier ces compétences et de comprendre comment elles peuvent être des atouts pour d’autres métiers.

  • Utiliser le réseau pour explorer de nouveaux horizons et découvrir de nouvelles opportunités

Pour cela, il faut prendre le temps d'échanger avec des professionnels dont le métier semble proche de nos appétences. Tachez de comprendre quel est leur métier et comment il peut correspondre ou non à ce qu’on recherche.

Échanger avec eux permet également de faire la « traduction » de vos compétences du langage de la recherche à celui de l'entreprise (ou du type de structure que vous ciblez). C’est également une manière d’identifier les missions / métiers qui vous intéressent.

 

En gros il faut apprendre à se connaitre !


Vous souhaitez en savoir davantage sur le métier de playground manager à l'école de management de Grenoble ? Ou sur le parcours d'Isabelle Patroix ?

 

Vous pouvez la contacter via LinkedInou bien demander à être mis en relation par courriel en écrivant à webmaster@abg.asso.fr

 

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