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Un post-doc européen et après ?

Evelyne Jardin

Frédérique Donsanti est docteur en chimie des procédés. Partie en Italie pendant deux ans et demi sur un projet de recherche européen, elle est rentrée en France dans son labo de thèse à l’Ecole supérieure de chimie de Paris. Un retour à la case départ ?

1/ Quel est votre parcours universitaire ?
J’ai fini ma thèse en 2003 et j’ai cherché du travail dans le privé. J’ai passé un entretien chez Saint-Gobain, un autre chez Michelin et là, le recruteur m’a dit que ce n’était pas le bon moment pour les embauches et il m’a conseillé de partir un an ou deux à l’étranger. J’ai pensé que c’était peut-être l’occasion et comme j’ai de la famille en Italie, j’ai cherché un post-doctorat là-bas.

2/ Comment avez-vous cherché ?
J’ai prospecté par Internet. Je suis allée sur le site des bourses européennes Marie Curie et j’ai trouvé qu’il y avait un post-doc à l’université de Rome. Je suis entrée en contact avec le professeur du labo. Il a tout de suite été intéressé parce qu’il connaissait un peu ce que l’on faisait dans mon labo parisien.

3/ Vous aviez fait un dossier pour votre candidature ?
J’ai envoyé un CV et après on s’est échangé quelques méls. Je suis allée à Rome pour des raisons familiales et j’en ai profité pour rencontrer le Professeur. Je lui ai présenté mes publications. J’ai discuté de mes travaux de recherche et comme il avait un financement pour un post-doc, ça s’est fait dans la foulée. Mon post-doc a débuté en janvier 2004 et il s’est fini en juillet 2006.

4/ Comment ça s’est passé sur place ?
Je n’ai pas eu de mal à m’adapter… même si ce n’est pas du tout comme en France. Au niveau administratif, c’est assez difficile, si on ne connaît pas les habitudes italiennes… Il y a beaucoup de palabres, pourrait-on dire.

5/ Vous avez eu des difficultés pour accéder à votre Sécu, par exemple ?
Non, parce que j’ai un oncle qui travaille à la Sécu italienne et donc ca s’est réglé en cinq minutes. Là-bas, ça marche comme çà, si on connaît, c’est super rapide. Par contre, si on ne connaît pas, c’est un peu plus compliqué.

6/ Et du point de vue des conditions de travail ?
Au niveau du travail, je n’ai pas trouvé énormément de différences par rapport à la France. En Italie, dans les labos publics, ils n’ont pas de gros budgets. Moi, j’étais engagée sur un projet européen avec des labos anglais, français et allemands, ça m’a permis d’avoir des échanges avec d’autres pays, de voir comment ils fonctionnent ailleurs.

7/ Les contacts que vous avez noués grâce au projet européen, vous les avez gardés ?
Oui, j’ai eu des nouvelles des autres ex post-doc et elles ne sont pas fameuses d’ailleurs. Par exemple, il y avait un docteur italien qui était en post-doc en Allemagne. A la fin de sa bourse Marie Curie, il est revenu à Rome et il n’a pas de boulot. Il y avait une docteur suédoise qui était en post-doc à Paris. Elle a trouvé un autre post-doc en Allemagne et j’ai su qu’elle avait eu un bébé, alors elle est rentrée en Suède et elle n’a pas de boulot. Il y avait une docteur irlandaise qui était avec moi à Rome… finalement, je crois qu’elle a trouvé quelque chose en Irlande. Il y avait un autre docteur français qui était en Angleterre. Comme moi, il est retourné dans son labo en France. Il y avait un autre Français qui est maintenant au CEA avec un CDD d’un an. Il y avait une docteur polonaise qui est restée en France car son CDD a été renouvelé pour un an. Ensuite, elle ne sait pas trop où elle va atterrir…C’est sûr, ce n’est pas très optimiste, mais j’ai l’impression que cela illustre la situation des jeunes chimistes à l’heure actuelle.

8/ Tout ce groupe de jeunes chercheurs étaient financés sur bourse Marie Curie ?
Oui, tous. Ce sont des projets européens pour les jeunes chercheurs. Ces projets sont sensés lancer leur carrière. Côté échange entre jeunes chercheurs, c’est très bien, mais côté débouchés après le post-doc, je peux dire que ce n’est pas fameux.

9/ Et pour vous, comment s’est passé le retour en France ?
Mon contrat s’est fini en juillet 2006 car mon chef italien n’a pas réussi à trouver d’autres crédits pour pouvoir renouveler mon contrat. Mon chef à Paris cherchait quelqu’un pour un nouveau projet européen et il m’a demandé si ça m’intéressait. Vu que je n’avais rien d’autre en vue, j’ai accepté mais le retour a été difficile… Je suis retournée chez mes parents parce que j’ai un contrat précaire d’un an. Je suis payée par le CNRS avec les crédits du projet européen sur lequel je travaille.

10/ Vous avez été recrutée relativement à votre spécialité antérieure ?
Oui et non. Je travaille toujours sur le photovoltaïque comme pendant ma thèse et en plus, mon patron français apprécie que je sois partie à Rome faire de l’électrochimie car j’ai acquis de nouvelles compétences. Ce que j’ai fait dans le labo à Rome me sert beaucoup sur ce nouveau projet.

11/ Comment envisagez-vous la fin de ce nouveau CDD ?
J’aimerais travailler dans le public et vu mon parcours, je crois que j’aurais plus de chances dans le public que dans le privé. Je cherche aussi en Italie. Si c’est possible, j’aimerais bien repartir là-bas.

12/ Sur un poste de chercheur ? Comment ça se passe ? Il y a des concours ?
J’ai déjà passé un concours de recrutement quand j’étais en Italie. La procédure n’est pas identique à celle de la France. Il y a deux examens écrits sur des sujets qui traitent du thème de recherche correspondant au poste ouvert. On est classé en fonction des résultats aux écrits et ensuite, il y a un oral. Enfin, ils regardent votre CV. Pour le concours que j’ai passé, il y avait une place… pour trois cent candidats. J’ai su que la place avait été ouverte pour quelqu’un en interne.

13/ Quand se passent les campagnes de recrutement ?
C’est aléatoire suivant les facultés, en fonction des postes. Ce n’est pas centralisé comme en France. Il faut regarder les sites Internet où les concours publics sont annoncés, et au fur et à mesure, il y a des postes qui s’ouvrent. Il faut envoyer les dossiers et passer les examens écrits et oraux. Mais attention, il ne faut pas être pressé. Pour le concours que j’ai passé, j’ai attendu la réponse (négative) pendant un an.

Propos recueillis par Evelyne Jardin, le 6 décembre 2006.
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