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De retour de post-doc à Londres

Evelyne Jardin

Après un post-doctorat sur les matériaux biodégradables mené à l’Imperial College à Londres, Marion Pommet est maintenant ATER à l’université d’Evry Val d’Essonne.

1/ Dans quelles circonstances êtes-vous partie en Grande-Bretagne ?
J’ai suivi mon mari qui allait travailler à Londres. Il me semblait que c’était une excellente opportunité pour faire un post-doctorat.

2/ Vous avez trouvé un financement avant de partir ?
Non, je suis partie sans rien. Une fois sur place, j’ai cherché un emploi en regardant les sites Internet des grandes universités et des entreprises susceptibles de m’intéresser. Je conseille de visiter le site www.jobs.ac.uk qui recense de nombreuses offres de post-docs. En quatre mois, j’en ai repéré quatre qui correspondaient à mon profil.

3/ Comment avez-vous préparé les dossiers de candidature ?
Il suffit d’un CV et d’une lettre de motivation. Par chance, j’avais récemment suivi une formation sur leur rédaction en anglais lors d’un congrès de l’American Chemical Society. Parfois, certains recruteurs demandent également que l’on résume en une page notre projet professionnel.

4/ Comment s’est passée la procédure de recrutement ?
Devant des petits comités composés de chercheurs responsables du projet (3 à 4 personnes), il s’agit de présenter son parcours et ce que l’on peut apporter au projet de recherche en 10 voire 20 minutes maximum (présentation Power Point à préparer). Puis, suit une série de questions d'ordre généralement scientifique et technique.

5/ Sur quels critères avez-vous été retenue à l’Imperial College ?
Mon doctorat c’est sûr, parce qu’ils voulaient un docteur. Mon domaine de spécialité aussi puisque mon labo d’accueil cherchait un expert des matériaux biodégradables. Or, je suis docteur en physico-chimie et biochimie des polymères naturels, j'ai fait ma thèse sur le développement de matériaux biodégradables à base de gluten de blé dans un laboratoire de l’INRA, en contrat CIFRE avec le groupe Amylum (filiale de Tate & Lyle).
J’avais postulé sur un autre post-doc orienté durabilité et plus méthodologique et j’avais aussi été retenue.

6/ Donc, vous avez eu le choix entre deux post-docs ?
Oui, ce qui n’a pas été simple à gérer d’ailleurs, parce que je n’ai pas reçu les réponses positives au même moment et j’ai du faire patienter un labo en attendant la réponse de l’autre, dont le projet de recherche m’intéressait davantage.

7/ Jugiez-vous que votre niveau d’anglais était plutôt bon ?
Plutôt mauvais, soyons franche ! Je tenais une conversation avec un niveau d’anglais scolaire, mais je ne comprenais pas toujours ce que l’on me disait et je m’exprimais avec beaucoup d’hésitation. Néanmoins, le vocabulaire scientifique était acquis grâce au travail bibliographique, les articles scientifiques étant toujours en anglais.

8/ Quand vous êtes arrivée dans le labo londonien, quelle impression avez-vous eu par rapport à votre labo français ?
Assez peu de différences globalement dans la gestion et en terme d’équipement. A noter néanmoins la concentration des bureaux dans une seule pièce, en espace ouvert et l’absence de technicien.

9/ Qu’en est-il du niveau de salaire ?
Je gagnais davantage en Grande-Bretagne, c’est sûr mais attention : le coût de la vie est très élevé à Londres. Les prix de l’alimentation sont à multiplier par 1,5 et les loyers 2 à 3 fois plus chers qu'en France. Mieux vaut partir à deux si l’on espère habiter Londres même ou alors il faut se préparer à vivre en co-location.

10/ Y avait-il beaucoup de chercheurs en post-doctorat dans le labo de l’Imperial College ?
Non, j’étais la seule en post-doc, mais il s’agissait d’un jeune labo en pleine extension. Par contre, il y avait énormément de thésards venus des quatre coins du globe et beaucoup de stagiaires.

11/ Que pensez-vous de votre expérience post-doctorale ?
J’ai beaucoup apprécié cette expérience professionnellement très enrichissante. Mon chef me laissait énormément de responsabilités dans la conduite du projet de recherche et pour l’encadrement de nombreux stagiaires, depuis la définition de leur sujet de stage jusqu’à leur évaluation au cours de la soutenance. En fait, j’avais l’impression d’assurer pleinement les fonctions d’un chercheur et d’être considérée en tant que tel. J’étais une vraie collaboratrice.

12/ Vous êtes restée combien de temps à l’Imperial College ?
Un an et demi. Au départ, j’ai commencé avec un contrat de travail d’un an, reconductible sur une durée de trois ans. Au bout d'un an, il a été renouvelé pour une année supplémentaire mais je suis partie en cours de contrat. Les chercheurs du labo voulaient me garder et côté financements, ce n’était pas vraiment un problème.

13/ Rentrer, c’est souvent difficile, comment avez-vous fait ?
Surtout, il ne faut pas s’éloigner de son réseau en France. Pendant tout mon séjour londonien, j’ai gardé des contacts avec mon labo de thèse. J’envoyais des méls, je passais des coups de fil. Je disais où j’en étais et ce que je faisais. Et puis, je regardais les offres qui passaient en France sur le site de l’ABG, sur celui d’Emploi Scientifique en France, notamment.

14/ Vous vouliez rentrer dans quel objectif ?
Pour faire de la recherche dans le public ou le privé. Je regardais les postes affichés aux concours et les offres d’emploi mais je n’ai rien trouvé dans mon domaine, alors je suis rentrée sur un poste d’ATER. C’est assez facile d’obtenir un poste d’ATER quand il n’y a pas de candidat interne à l’université. Et quand en plus, on a une expérience post-doctorale par rapport aux candidats qui sortent juste de leur thèse, c’est un atout certain.

Ah j’oubliais ! Pour constituer les dossiers de candidature d’ATER, il faut joindre des enveloppes timbrées mais en Grande-Bretagne, on n’a pas de timbre français ! C’est un petit détail auquel il vaut mieux penser.

16/ Etes-vous contente d’être revenue en France ?
Oui… et non. Côté personnel, j’ai toujours voulu revenir pour une raison très simple : la nourriture ! Du côté professionnel, j’ai eu la chance d’avoir une excellente situation en Grande-Bretagne et avec mon poste d’ATER, j’ai l’impression de régresser quelque peu au niveau des responsabilités que l’on me confie.

17/ Vous vous sentez redevenir étudiante ?
Etudiante non, je n’irai pas jusque là, mais stagiaire oui.

18/ Quelles sont vos perspectives ?
Trouver un emploi plus stable et correspondant mieux à mes aspirations.
Un poste d’ATER permet à mes yeux d’acquérir une expérience d’enseignement qui est nécessaire pour poser sa candidature à un poste de MCF. Et puis c’est important de rester en activité et de garder un pied à l’intérieur d’un labo pour être informé des postes susceptibles de se libérer.

Propos recueillis par Evelyne Jardin, le 26 septembre 2006.
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