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Paroles de docteurs : la mobilité, une question d'anticipation et de persévérance ?

Chercheuse actuellement sur le cancer de la peau à Harvard (Boston, USA), Marina Kvaskoff a élaboré très tôt son projet de mobilité, en Australie dans le cadre de son doctorat en épidémiologie, puis aux États-Unis dans le cadre d'un post-doc.

De la France à l'Australie...

Dès la fin de la première année de son Master en Santé Publique, Marina Kvaskoff a commencé à préparer son projet de doctorat intégrant un séjour en Australie.

Sa thèse dont le sujet est  "Endométriose, polymorphismes génétiques liés aux nævi et risque de mélanome cutané", a été réalisée en co-tutelle entre la France (Université Paris 11 / Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) - IGR (Institut Gustave Roussy), CESP, équipe 9 ) et l'Australie (Université du Queensland /QIMR (Queensland Institute of Medical Research), équipe "Cancer Control Group").
Pourquoi ce choix ?
L'Australie représentait l'occasion de conduire une recherche de doctorat sur le cancer de la peau, dans le pays, et surtout dans l’État (le Queensland), où l'incidence de ce type de pathologie est la plus élevée au monde. Marina est d'abord partie six mois en 2007-2008, puis six nouveaux mois en 2008-2009. Au niveau du financement, seule la Fondation de France a accepté de financer une thèse intégrant un séjour à l'étranger. A cette Bourse Doctorale s'est ajoutée une bourse du Cancer Council Queensland, couvrant uniquement la période de séjour en Australie. L'ambassade de France en Australie a pris en charge pour sa part, le premier trajet dans le cadre du programme de bourses de voyages "cotutelle" (jusqu’à 2 100 dollars australiens (AUD)). Le deuxième trajet a, quant à lui, été financé par le dispositif SETCI (Soutien à l'Encadrement de Thèses en Cotutelle Internationale) de la région Île-de-France. Ce dispositif a également permis de financer le déplacement des membres du jury (billets d'avion, hébergement...). Ainsi, "mon directeur de thèse australien et deux chercheuses américaines (dont ma directrice actuelle à Harvard), qui étaient mes deux rapporteurs de thèse, ont pu venir en France dans le cadre de la soutenance de la thèse. J'ai rédigé et soutenu ma thèse en anglais, ce que je recommande pour les thèses en cotutelle, car cela m'a permis d'avoir un jury international, et d'établir des contacts très tôt ainsi que d'avoir une relation solide dès le départ avec ma directrice américaine. Ce qu'il faut savoir, c'est que si on rédige sa thèse en anglais, on n'est pas éligible à beaucoup de prix de thèse. J'ai aussi obtenu une bourse nationale - L'Oréal-UNESCO - qui m'a permis d'assister à plusieurs congrès internationaux pendant ma thèse, ainsi que de retourner en Australie pendant mon postdoctorat". 
 
Quelques mots sur la vie sur place, cette expérience ?
"La nature en Australie est époustouflante et magnifique. J'y étais déjà allée, notamment à 15 ans pour apprendre l'anglais, et pour mon stage de Master 1. Pour ce qui est de la langue, passés les deux ou trois premiers mois qui sont un peu difficiles, les choses s'arrangent rapidement. "Tout d'un coup, on entend une chanson à la radio, et on comprend tout. Il ne faut pas se décourager, et ne pas hésiter à aller rencontrer les gens, le contact aide beaucoup".
 
Les perspectives à l'issue du doctorat ? 
Marina a fait part très tôt à sa directrice actuelle de son projet de mobilité aux États-Unis dans le cadre d'un post-doc. Ce projet consistait d'une part, en un court séjour en 2010 pour reproduire une analyse de sa thèse aux Etats-Unis et d'autre part, en un post-doc plus long en 2011. Si le retour de sa directrice fût positif, le financement risquait de poser un problème. "J'ai donc cherché des financements, et j'en ai trouvé. Avant ma soutenance de thèse, j'ai postulé au Prix "Jean Darier" des Laboratoires SVR, un prix destiné à récompenser un projet dans le domaine de la dermatologie clinique ou l'épidémiologie des maladies cutanées. Le montant s'est élevé à 8 000 €, ce qui a permis de couvrir les frais de déplacement et d’hébergement pour ce séjour de deux mois en 2010, ainsi que les frais d'ouverture d'un compte informatique (environ US$7 000) (), condition nécessaire pour travailler à Harvard. "J’ai également obtenu une Bourse Postdoctorale de la Fondation de France, qui m’a permis de financer ma 1ère année de post-doc en 2010, réalisée entre les États-Unis, la France et l’Australie".
 

De l'Australie aux États-Unis...

"Les résultats de ma thèse ont mis en évidence des hypothèses dans le domaine de l'épidémiologie de l'endométriose, dont les meilleures données se trouvent aux États-Unis. Cependant, Marina continue sa collaboration sur le cancer de la peau avec l'Australie, où elle est partie en avril pendant trois semaines.
Le post-doc s'est d'abord déroulé en France, suivi de deux mois à Boston (USA) et deux mois à Brisbane (Australie) pour l'année 2010, puis entièrement à Boston depuis 2011. Au niveau du financement, si la première tentative pour une bourse de mobilité Marie-Curie  n'a pu aboutir – bourse à laquelle elle tenait tout particulièrement – Marina a obtenu le "Prix Jeunes Chercheurs" de la Fondation Bettencourt-Schueller, ainsi qu’une bourse "Séjour à l’Étranger" de la Fondation ARC.
 
Si l'anticipation semble être une des caractéristiques du parcours de Marina, la persévérance en est une autre. Ainsi, elle va postuler une deuxième fois à la bourse Marie-Curie. S'appuyant sur le rapport détaillé reçu à l'issue de sa première candidature, qui lui a permis de connaître les points forts et les points faibles de son profil, elle va, cette fois là, obtenir le financement. "Cette bourse est vraiment super, elle finance mon salaire, ainsi que mes déplacements et inscriptions à des congrès jusqu'en 2015". Par ailleurs, cela implique un séjour de deux ans aux USA et impérativement, un retour d’un an, la dernière année, en France, l'objectif étant que les chercheurs reviennent et mettent à profit dans l'hexagone la nouvelle expertise acquise. "Cependant, je prépare déjà le financement pour mon retour. Il faut toujours anticiper, j’ai réussi à m’autofinancer jusqu’à présent, mais il a fallut que je sois très active, ce qui n’a pas toujours été facile. La mobilité c'est toujours un risque, et notamment, on ne sait pas si on va obtenir le financement demandé ; mais quand on fait "tout pour", on trouve les moyens pour que ça marche d’une manière ou d’une autre. La persévérance est toujours une qualité appréciée".
 
En quoi consiste actuellement, votre recherche ?
"Aux USA, je travaille sur l'endométriose et sa relation avec le cancer de la peau. Ma thèse a permis de mettre en évidence de nouveaux facteurs de risques de l'endométriose, et c'est sur ce thème que je continue de travailler. Je m’intéresse également au lien entre les hormones et le cancer de la peau. Le financement Marie-Curie étant européen, il doit être géré par une institution en France. Je suis donc, actuellement, sous contrat avec l'Institut de cancérologie Gustave Roussy à Villejuif, en détachement à Boston".
 
Quelques mots sur la vie sur place, cette expérience ?
"Boston, même si c'est la troisième ville la plus chère des États-Unis, est une ville très sympa, jeune et dynamique. Un environnement scientifique très dynamique avec le MIT (Massachusetts Institute of Technology), Harvard, des Instituts et des hôpitaux très à la pointe de la recherche médicale. J’apprends énormément de choses dans cet environnement. En particulier, je travaille à améliorer mes compétences professionnelles, mais aussi ce qu'on appelle les "soft skills", "comme par exemple des compétences en "leadership". C'est très important dans la carrière d'un chercheur. Pour ce qui est du quotidien, il est plus facile ici par rapport à celui que j’avais à Paris. J'habite à côté de mon labo, j’y suis en quelques minutes. Ceci dit, cela n’a pas été si facile la première année, car mon mari, qui est venu avec moi à Boston, n'a pas pu trouver du travail tout de suite". 
 

Et si c'était à refaire ?

 
"Je ne regrette absolument pas, je suis vraiment contente de ce parcours. C'est incomparable avec ce que j'aurais pu faire si j'étais restée en France".
 
Quels conseils donneriez-vous à un doctorant, un jeune chercheur ?
"Bien préparer son départ, prendre contact avec des gens qui sont partis. Anticiper les demandes de financement. Quand il y a une offre de poste de thèse ou de post-doc, c'est plus simple, car le financement est fourni. Mais avoir son propre financement peut être vraiment valorisant : on a un projet en tête et on va contacter les personnes qui vont nous permettre de le réaliser. L'anticipation est très importante. Bien sûr, comme dans tout projet, il y a toujours des obstacles, et on ne peut pas tout prévoir. Mais en général, quand on est bien préparé, ça se passe bien".
 
Si vous souhaitez en savoir plus sur l'expérience de la mobilité de Marina, vous pouvez la contacter à l'adresse suivante : marina.kvaskoff@channing.harvard.edu 
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