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D’un cursus d’Ingénieur au monde de l'entreprise en passant par le doctorat

Clarisse Faria-Fortecoëf

Retour sur le parcours et l'expérience de la mobilité de Guilherme Apolinário Testoni, jeune doctorant brésilien naviguant entre le Brésil et la France, la recherche publique et le secteur privé.

Après un diplôme d'Ingénieur des Matériaux de l'Universidade Federal de Santa Catarina (UFSC) au Brésil, Guilherme Apolinário Testoni est en première année de thèse en France, à l’École des Mines d'Alès et se spécialise dans le domaine des matériaux composites et biomatériaux.






Du Brésil à la France


En 2010, avant de finaliser son diplôme d'ingénieur, Guilherme va saisir l'opportunité de partir une première fois en France pour effectuer un Master en Génie Mécanique à l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Saint-Etienne (ENISE).
"Nous étions quatre étudiants brésiliens de la même université à postuler. Deux ont eu un financement brésilien via le programme CAPES/BRAFITEC et deux dont moi-même, un financement français dans le cadre d'un accord entre l'UFSC et l'ENISE.
Comme la sélection des candidats se faisait en partie sur leur niveau en Français (25 % des épreuves d'examen portaient sur les connaissances du candidat dans ce domaine), Guilherme a consacré l'année précédant son départ, à l'apprentissage de cette nouvelle langue.

Pourquoi la France ?

Tout d'abord, Guilherme a pu bénéficier du réseau de contacts d'un de ses professeurs brésiliens ayant suivi des études en France. Ensuite, le "Génie Mécanique" lui permettait d'avoir une double formation, ce qui était un de ses objectifs. "Par ailleurs, la compétence de la France dans ce domaine est reconnue au niveau international. Cela représentait donc, une réelle opportunité professionnelle".

Cependant, il ne validera pas finalement, son Master. "Je n'ai pas voulu, car l'approche à Saint-Etienne était trop centrée sur la conception et la modélisation, ce n'est pas cette voie professionnelle que je voulais emprunter. En même temps, cela m'a permis d'avoir des crédits pour valider des cours au Brésil, ainsi que la période de stage de six mois nécessaire. Ma formation au Brésil se base sur un modèle canadien, intègre, alterne des parties théoriques et des périodes de stage". En même temps, "si je voulais rester en France et faire le M2, la deuxième année n'était pas financée".

Entre la France et le Brésil

A l'issue de la première année de Master, Guilherme retourne donc, au Brésil pour y poursuivre sa formation d'Ingénieur. Pas pour longtemps, car de nouveau il lui faut se lancer dans la recherche d'un stage, démarche qui lui sera facilitée par le réseau professionnel qu'il a construit à l'école d'ingénieurs au Brésil et en France.
C'est ainsi, qu'en 2011, une entreprise à Toulon intéressée par son double cursus – ingénierie des matériaux et génie mécanique – va l'accueillir et le financer dans le cadre d'un stage en matériaux viscoélastiques de sept mois.

Première expérience de l'entrepreneuriat

Après l'obtention au Brésil de son diplôme d'ingénieur en 2011, la rencontre avec deux collègues de son Université - "au Brésil, il n'y a pas d’École d'ingénieurs, l'Université publique c'est comme les Grandes Écoles en France. Les grands chercheurs sont d'ailleurs, dans les universités publiques" - va permettre à Guilherme de participer en tant que Directeur commercial au développement d'une Start-Up dans le domaine du traitement et de la gestion des déchets industriels. Malgré l'intérêt du poste, cela ne correspondait pas vraiment à ses objectifs. Il va alors, décider de continuer dans la recherche, de compléter sa formation d'ingénieur par un doctorat afin d'acquérir les compétences qui lui faisaient défaut selon lui et qui sont nécessaires à la création de "quelque chose de nouveau, à l'innovation".

D’Ingénieur à Doctorant

Une des raisons du choix du doctorat en France, s'explique par le fait qu'au Brésil un Ingénieur ne peut s'inscrire en thèse sans avoir un Master, ce qui implique un cursus plus long, soit deux années supplémentaires. A titre d'illustration, Guilherme ne pouvait pas par exemple, prétendre à une thèse en co-tutelle entre ces deux pays. Après avoir repris contact avec un des directeurs de son stage dans l'entreprise de Toulon, Guilherme va faire quelques recherches sur les offres de thèse, les possibilités de financement (bourse brésilienne ou française, programme science sans frontières...), consulter des sites comme celui de l'ABG, envoyer des CV, etc. Parmi les trois propositions reçues - une en Italie et deux en France – c'est celle de l' École des Mines d'Alès qu'il va accepter pour différentes raisons : l'intérêt du sujet de thèse, le bon niveau de recherche et les possibilités de financement (une allocation de recherche directement versée par l’École).

Quelques mots sur les apports d'un doctorat par rapport à votre formation d'Ingénieur, votre projet professionnel  ?

Faire un doctorat, c'est "être immergé pendant 3 ans dans l'innovation en interaction avec d'autres chercheurs. C'est une approche plus scientifique par rapport à une entreprise. C'est pouvoir essayer de nouvelles choses, ce qu'on ne peut pas lorsque l'on est pris par ses activités en entreprise. En tant que doctorant, je suis le Manager de ma propre recherche, je suis libre de faire ma recherche. C'est aussi ce qui m'apporte un diplôme en Europe. Cela augmente mes possibilités en France, comme au Brésil, même s'il reste le problème de la reconnaissance et de l'équivalence des diplômes d'un pays à l'autre. Par ailleurs, ici en France, les docteurs en entreprise, ça marche bien. Au Brésil, c'est très rare que les entreprises embauchent des docteurs, alors qu'en France, cela se fait de plus en plus. Par contre, ce qui est dommage, c'est qu'une grande partie des docteurs ne savent pas valoriser leurs compétences. Un docteur c'est un Manager de projets, c'est une compétence très recherchée par le privé. Mais, il y a quand même une bonne partie des docteurs dans le secteur privé. J'ai plusieurs exemples autour de moi. Un doctorat, cela correspond bien à mes objectifs, à mon projet".

Vos perspectives à l'issue du doctorat ?

"Je pense continuer dans le domaine de la R&D dans le secteur privé en raison notamment, de la difficulté de faire de l'enseignement public au Brésil, vu que le doctorat n'est pas reconnu sans le Master". Par ailleurs, si un des objectifs de Guilherme serait celui de créer sa propre entreprise, il pense suivre avant cela, les conseils d'un professeur rencontré lors d'une Journée des Doctorants organisée par l'Association des thésards de l’École des Mines d'Alès  : "Quand on est dans la recherche, on oublie un certain nombre de choses, comme la question de l'acceptation d'un produit par le marché visé. Il faut donc, acquérir une expérience dans le secteur privé avant de se lancer dans une création d'entreprise".

En France ou au Brésil ?


"C'est une question à laquelle je ne peux répondre. Pour le moment, je suis concentré sur la thèse, je réfléchis à mon avenir professionnel, je développe mon réseau".

Quels conseils en termes de mobilité internationale, pourriez-vous donner à un doctorant, un jeune chercheur ?

Pour Guilherme, il n'y a pas de recette miracle. "Il faut savoir s'informer (il y a toujours un dispositif de financement possible), apprendre la langue du pays d'accueil, alterner la formation académique et l'expérience scientifique et/ou la pratique, créer un réseau de contacts. Quand je suis venu la première fois en France, ce n'était pas exactement ce que je voulais, mais ça m'a permis de créer un réseau et de trouver plus facilement, des financements". Au niveau des sources d'information, il recommande tout particulièrement Campus France. "Si vous avez envie de vivre une expérience de mobilité internationale, mais que vous ne savez pas où exactement, cela vous permet d'avoir toutes les données utiles sur tel ou tel pays". Grâce au site de Campus France Brésil, Guilherme a pu préparer en grande partie, son départ et séjour en France.  "C'est très bien structuré. Type de questions auxquelles Campus France m'a permis de répondre  : Pourquoi choisir la France ? Pourquoi étudier en France ?".

Ces propos ont été recueillis suite à l’intervention de Guilherme au séminaire européen "Encourager la créativité et l'innovation par la mobilité des chercheurs : stratégies et bonnes pratiques, qui s'est déroulé les 3 et 4 juin 2013 à Paris.
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