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La mobilité internationale : un champ de compétences à part entière ?

Après un cursus franco-allemand en chimie suivi à l'Université technique de Dresde et à l’École Nationale Supérieure de Chimie de Rennes (ENSCR), un doctorat sur les nouveaux matériaux pour l'électronique organique à l'Institut Leibniz de recherche sur les Polymères à Dresde, des séjours de recherche en France, Canada et aux États-Unis, Robert Pötzsch s'est installé depuis novembre 2013 aux Pays-Bas pour être examinateur de brevets à l'Office européen des brevets (OEB) à La Haye.

 

Itw Robert P

La fin de sa thèse approchant, Robert Pötzsch a postulé en 2013 sur plusieurs postes en Allemagne, dans l’Industrie, la Recherche, des cabinets de conseil en propriété industrielle, et notamment auprès du siège de l'OEB situé à Munich.

Comment l'opportunité de partir aux Pays-Bas s'est-elle présentée ?

« Pendant ma thèse, j’ai suivi des cours aussi bien en langues, qu’en management de la recherche et des brevets, activité très importante pour l’Industrie. Je me suis progressivement intéressé à ce champ et ai postulé à l’Office européen des brevets (OEB) à La Haye qui cherchait des scientifiques pour être examinateurs de brevets (recherche sur l’état de la technique en vue d’accorder ou pas le brevet). J'ai choisi La Haye plutôt que Munich pour des raisons essentiellement personnelles ».

Après avoir candidaté, Robert a ensuite été invité sur son nouveau lieu de travail, durant l’été 2013 et a commencé ses fonctions, Examinateur de brevets, à l’automne de cette même année.

Quelques mots sur votre installation ?

« Ça s’est très bien passé, malgré l'organisation de ma vie personnelle que cela impliquait. J’ai pu visiter des appartements avec ma compagne et facilement faire les premiers pas, aussi grâce au service des ressources humaines de l’Office qui nous a apporté un support précieux et une aide financière (achat meubles, remboursement des frais de déménagement, etc.). Les démarches administratives (mairie, etc.) ont également été facilitées. En fait, quand on travaille pour une organisation internationale, on est assez privilégié. L'Organisation s’occupe des personnes d’une façon plus efficace et par exemple, ouvrir un compte bancaire devient relativement simple ».
En ce qui concerne la compagne de Robert, celle-ci a trouvé un emploi à l'Office également, et cela seulement trois mois après l’arrivée du couple à La Haye.

En quoi consistent exactement vos fonctions ?

« En tant qu'examinateur, lorsque je reçois une demande de brevet d'invention dans le secteur de la Chimie – les dossiers sont confiés aux examinateurs suivant leur domaine d'expertise -, je fais des recherches sur l'état de la technique antérieure. En fonction des "revendications", la question est d’apprécier et de décider, en quoi est-ce vraiment une invention ? Je dispose pour cela, de différentes bases de données regroupant ce qui s'est fait sur les cent cinquante dernières années, d'un accès à différentes publications scientifiques comme des thèses. Suite à cette investigation, j'adresse un rapport et un courrier au demandeur lui signalant les différents points qui empêchent que la demande soit accordée ».

Combien de temps cela peut-il prendre ?

« Pour la phase de recherche et le premier courrier, il faut compter deux à trois jours de travail. Ensuite, le demandeur a six mois pour apporter les modifications demandées. Puis, un nouveau retour lui est fait. Entre le dépôt de la demande et la délivrance d’un brevet, il faut compter, en général, entre trois et cinq ans. Mais la rapidité de la procédure dépend pour beaucoup de l'intéressé et de sa motivation à la terminer ».

Est-ce que la décision d'accorder un brevet est prise de manière individuelle ou collective ?

« L'étude du dossier est réalisée individuellement, par l'examinateur en charge. Une fois que ce dernier décide d'accorder ou de refuser la demande, une division d’examen comptant trois examinateurs est formée, et c'est celle-ci qui prendra la décision ».

Si vous êtes intéressé par ce métier, vous trouverez des informations utiles (rôle, profil, etc.) et les postes à pourvoir actuellement sur le site de l'OEB, rubrique « Emplois ».

Quels apports du doctorat et de vos précédentes mobilités (stages en France, Canada, États-Unis) dans l'exercice de vos fonctions actuelles ?

« Je considère déjà le doctorat comme une expérience professionnelle dans un domaine donné, en ce qui me concerne celui des nouveaux matériaux pour l'électronique organique. J'ai appris durant cette expérience notamment, à organiser mon temps, à gérer un projet sur une longue durée, en d'autres termes, à assurer les fonctions d'un Chef de projet. Chaque dossier de brevet est enfin une responsabilité majeure avec de forts impacts économiques possibles. Et puis, j'ai aussi suivi pendant le doctorat, des cours dans d'autres domaines comme l'anglais, la propriété industrielle, le management de la recherche ou encore la communication. Mon expérience de la mobilité, m'a permis d'apprendre des langues comme le français ou l'anglais, ce qui m'est très utile dans mes fonctions actuelles au sein d'une organisation internationale qui travaille à la fois en anglais, allemand et français. En effet, si par exemple, une demande est rédigée en français, l'ensemble du dossier doit être traité dans cette langue. Bien qu'à l'OEB, on puisse aussi bien parler allemand, qu'anglais, j'ai tenu aussi à apprendre le néerlandais, car cela me semble important, s'agissant de la langue du pays dans lequel je travaille et vis. Par ailleurs, j'ai pu travailler avec des personnes de cultures différentes, d'autres façons d'approcher un problème, en somme, j'ai pu développer des compétences dites interculturelles. Cela est très utile également, à l'Office où une quarantaine de nationalités se côtoient. Avec mes séjours en France, Canada et États-Unis, j'ai appris à vivre à l'étranger. Ainsi, avant de partir pour les Pays-Bas, je savais ce que cela voulait dire comme être loin de sa famille, les formalités que cela implique, la recherche de logement, etc. En fait, presque tous mes collègues à l'OEB ont déjà vécu à l'étranger, et nous sommes comme une grande famille ».

Vos perspectives ?

Au sein de l'OEB, nous explique Robert, après une certaine expérience, on offre à l'examinateur la possibilité d'assurer davantage de responsabilités. De plus en plus, de tâches avancées peuvent lui être confiées comme être président d’une division d’examen, traiter des dossiers en procédure d’opposition ou encore le coaching.
« Je ne sais pas pour l’instant, combien de temps je vais rester et ce que je vais faire à long terme. Retourner en Allemagne et trouver un poste d'avocat spécialisé dans la propriété industrielle et les brevets ? Un autre poste dans l'Industrie, les brevets ? On ne sait jamais ».

Pour des informations complémentaires sur le monde de la propriété industrielle, vous pouvez consulter l’article publié par Nora Giezek et Catherine Gayda sur l’expérience de Richard Monni, docteur en génétique humaine. 

En guise de conclusion, quel bilan à ce jour de votre expérience de la mobilité ? Quels conseils pourriez-vous donner à celles/ceux qui seraient intéressés par la mobilité, mais qui n'osent pas encore franchir le pas ?

« La mobilité, c'est très enrichissant. J'ai appris d'autres langues, à connaître d'autres cultures. Je ne serais sans doute pas à l'OEB aujourd'hui, si je n'avais pas acquis toutes ces compétences ».
Si vous êtes tenté par l'étranger, Robert vous conseille sans hésitation de tenter l’aventure. Comme il le précise, « il y a toujours des possibilités, des aides financières, qui peuvent faciliter le séjour. C'est une expérience que je ne regrette pas et qui est à faire lorsque l'on est jeune, c'est un peu plus compliqué avec une famille, des enfants. Cela dépend aussi, s'il s'agit d'un séjour à durée limitée ou pas. Il faut tenter sa chance, saisir les opportunités ».

Ces propos ont été recueillis suite à la participation de Robert Pötzsch à l'Apéro Doc « Mobilité internationale des jeunes chercheurs » organisé par ABG en décembre 2014 à Paris, auquel quatre docteurs et quatre pays (Allemagne, France, Japon, Pays-Bas) étaient à l'honneur et quatre façons de partir travailler à l'étranger, présentées (contrat postdoctoral, expatriation, volontariat international en entreprise (VIE), contrat de travail local, travail dans une organisation internationale).

 

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