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Un parcours atypique

Evelyne Jardin

Benjamin Guinot aime les défis. Après avoir rallié Paris à Pékin en vélo, soit sept mois de pédalage, il a posé ses sacoches dans la capitale chinoise pour mesurer la pollution atmosphérique.

« Pour certains, la thèse est l’aboutissement de longues années d’effort. Pour moi, c’était le point de départ de nouvelles aventures », déclare Benjamin Guinot. Et c’est peu dire ! Frais promu docteur en physico-chimie de l’atmosphère issu du Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE, CEA/CNRS) en mai 2006, Benjamin aurait pu suivre le chemin tout tracé de ses collègues : le post-doc en Allemagne ou aux Etats-Unis, mais il avait déjà choisi la Chine comme terrain d’investigation pour ses recherches doctorales et il continuait d’être attiré par l’Asie. Enfourchant un vélo sept mois durant, il va parcourir à la seule force de ses mollets et de son esprit tenace près de 12 000 km. Au-delà de l’aventure sportive et humaine, Benjamin voulait témoigner de l’état environnemental des pays traversés, quatorze au total.

De retour en France, alors que le CNRS lui propose un post-doc, Benjamin veut se laisser les portes ouvertes du public ou du privé. Pour goûter un peu aux deux, il opte pour une solution originale : un mi temps en CDD financé par le CNRS et un mi temps en CDD financé par une PME française sur un projet en partenariat avec la municipalité de Pékin portant sur la mesure de la pollution atmosphérique sur le site des JO et dans ses environs. Pour ce faire, des instruments de mesure d’un nouveau genre doivent être installés.

Trait d’union
Or depuis 2004, l’entreprise Leosphere développe des instruments de mesure par laser de la pollution et plus particulièrement de la distribution et de la densité des particules dans l’atmosphère. Benjamin, avec sa casquette d’ingénieur de recherche est chargé d’adapter à Pékin le laser déjà installé dans d’autres métropoles (Paris, Washington, ou Tokyo). Coller aux besoins du terrain où la pollution par les particules est très dense et transmettre les demandes de développement aux ingénieurs français, c’est la partie R&D des activités de Benjamin qui est aussi le VRP de Leosphere en Asie. La Chine, Taiwan, la Corée du Sud, l’Inde ou encore l’Australie, Benjamin saute d’un avion à un autre pour faire découvrir le produit aux instituts de recherche, aux agences de météorologie, et aux acteurs publics ou privés en charge de la surveillance de la qualité de l’air.

Côté recherche, Benjamin est un trait d’union entre l’expertise française et différents labos de l’Académie des Sciences de Chine (Institute of Atmospheric Physics, à Pékin et Anhui Institute of Optics and Fine Mechanics, à Hefei) avec lesquels il a lié des relations de confiance au cours de ses travaux antérieurs et qui, de leur côté, développent leurs propres appareils de mesure. « Le marché peut paraître neuf, mais l’innovation va si vite en Chine qu’il vaut mieux dès maintenant établir des partenariats durables avec ceux qui pourraient être demain nos concurrents ! »

Benjamin ne se cantonne pas à son réseau d’origine. Nous le rencontrons dans un colloque organisé par le « Réseau Asie » du CNRS abordant des problématiques propres aux sciences humaines et sociales. Que fait ce physico-chimiste au milieu de spécialistes de la poésie chinoise à l’époque Ming ? « Avec les outils de mesures et de modélisation du laboratoire d’Aérologie de Toulouse, je travaille à l’évaluation des impacts sanitaires de la pollution de l’air dans les mégapoles chinoises, aujourd’hui et pour demain selon différents scénarios de développement. Cela nécessite une approche intégrant sciences dures et sciences humaines. C’est ce que je suis en train de mettre en place avec sociologues et spécialistes de la santé en France, comme je le fais en Chine avec les socio-économistes de l’université Tsinghua à Pékin et les autorités chargées de l’aménagement de la mégapole de Chongqing, au centre du pays. »

Entre le privé et le public, Benjamin devrait-il choisir ? A écouter son récit au milieu de ses collègues des « humanités », nous nous demandons si Benjamin ne se prépare pas à devenir un manager de la recherche, mettant en musique des futurs projets mêlant des partenaires industriels et scientifiques.
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