Où docteurs et entreprises se rencontrent
Menu
Connexion

L'autonomie du droit processuel environnemental // The autonomy of environmental processual law

ABG-137438
ADUM-73019
Sujet de Thèse
01/04/2026 Contrat doctoral
Université de Reims Champagne - Ardenne
REIMS cedex - Grand Est - France
L'autonomie du droit processuel environnemental // The autonomy of environmental processual law
  • Sociologie, anthropologie, sciences de l’éducation
Droit processuel, droit de l'environnement, procédure civile, procédure pénale, contentieux administratif, justice environnementale
Processual law, environmental law, civil proceedings, criminal proceedings, administrative proceedings, environmental justice

Description du sujet

Si la question des liens entre justice et environnement n'est évidemment pas neuve, elle n'a encore jamais été abordée de manière approfondie sous l'angle processuel. Pourtant, face au constat des difficultés auxquelles sont confrontés les pouvoirs publics nationaux comme internationaux à produire des normes environnementales appliquées et efficaces, le juge - ou plutôt les juges - ont été investis par l'espoir de certains citoyens, associations, organisations non-gouvernementales afin qu'ils contribuent à appliquer et à dire le droit environnemental. Ce rôle du juge (des juges) est d'autant plus crucial que les normes environnementales s'insèrent dans un système normatif complexe, certaines normes techniques étant parfois adoptées (ou non adoptées) en dépit de normes plus ambitieuses et pourtant supérieures dans la hiérarchie des normes. Par ailleurs, le droit de l'environnement et particulièrement le droit privé de l'environnement étant de construction récente, les concepts qu'il convoque sont encore à interpréter, à définir, voire à inventer. A titre d'illustration, on pensera ainsi au préjudice écologique pur, créé par la jurisprudence puis consacré par le législateur par la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 à l'article 1246 du Code civil ou encore au devoir de vigilance introduit par la loi n° 2019-399 du 27 mars 2017 dans le Code de commerce et à propos duquel la jurisprudence foisonne ces derniers mois.

Il est vrai que dans ce contexte, alors que les experts scientifiques continuent d'alerter sur la trajectoire climatique dramatique empruntée, des procès environnementaux sont intentés par des justiciables voyant dans les juridictions le meilleur sinon le dernier garant de la protection de l'environnement.

Cette intervention du juge ne peut toutefois pas tout, car elle est sertie dans un système processuel répondant à des principes et des règles techniques de procédure. Or, ces règles procédurales n'ont pas été initialement pensées pour épouser les logiques spécifiques du droit de l'environnement. A titre d'exemple, la procédure civile, initialement pensée pour répondre à une logique individuelle et réactive (intérêt à agir par principe personnel et actuel) ne s'accommode que mal, sur le plan des principes, aux logiques collectives et préventives inhérente à la fonction primaire du droit de l'environnement tournée vers la préservation d'un futur commun. Pourtant, la multiplication des normes environnementales de droit privé implique une mobilisation accrue du juge civil dans ce domaine. Cette intervention doit par ailleurs s'articuler avec celle, plus ancienne, des juridictions administratives et pénales, qui se développe également et parfois sur les mêmes situations de fait.

Dans cette perspective, le présent projet de thèse entend explorer la façon dont le droit processuel doit et peut s'adapter à ces logiques nouvelles afin de contribuer à l'efficacité du droit de l'environnement et partant à la protection de celui-ci. Cette approche processualiste, embrassant à la fois la dimension comparative entre les différentes procédures (civile, pénale et administrative) et sa dimension théorique visant à dégager une théorie générale du procès, permettra ainsi d'une part d'interroger l'aptitude des différentes normes procédurales à permettre une application efficace des normes environnementales, quelle qu'elles soient et d'autre part, à apprécier l'opportunité de dégager un droit processuel environnemental autonome, c'est-à-dire qui s'émancipe à la fois des règles de droit commun propres à chacun des contentieux et qui propose un modèle commun, voire unique de procès environnemental, pour davantage d'efficacité.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Whilst the issue of the links between justice and the environment is obviously not a new one, it has never before been examined in depth from a procedural perspective. However, given the difficulties faced by both national and international public authorities in producing enforceable and effective environmental standards, the judge – or rather the judges – have been entrusted by certain citizens, associations and non-governmental organisations with the hope that they will help to apply and interpret environmental law. This role of the judge (or judges) is all the more crucial given that environmental standards form part of a complex regulatory system, with certain technical standards sometimes being adopted (or not adopted) despite the existence of more ambitious standards that are nevertheless higher in the hierarchy of norms. Furthermore, as environmental law—and private environmental law in particular—is a recent development, the concepts it invokes still need to be interpreted, defined, or even invented. For exemple, one might consider the concept of ‘pure ecological damage', created by case law and subsequently enshrined by the legislature in Law No. 2016 -1087 of 8 August 2016 in Article 1246 of the Civil Code, or the duty of care introduced by Law No. 2019-399 of 27 March 2017 into the Commercial Code, on which case law has proliferated in recent months.


In this context, whilst scientific experts continue to warn of the dramatic course our climate is taking, environmental lawsuits are being brought by litigants who see the courts as the best, if not the last, safeguard for environmental protection.

However, judicial intervention cannot do everything, as it is embedded within a procedural system governed by technical rules and principles of procedure. Yet these procedural rules were not originally designed to accommodate the specific logic of environmental law. For example, civil procedure, originally designed to respond to an individual and reactive logic (a right to bring proceedings based on a personal and current interest), is ill-suited, in terms of principles, to the collective and preventive logic inherent in the primary function of environmental law, which is geared towards preserving a shared future. However, the proliferation of private law environmental standards implies increased involvement of civil courts in this field. This intervention must also be coordinated with the longer-standing role of administrative and criminal courts, which is also developing and sometimes addresses the same factual situations.

With this in mind, this thesis project aims to explore how procedural law must and can adapt to these new approaches in order to contribute to the effectiveness of environmental law and, consequently, to the protection of the environment. This proceduralist approach, encompassing both the comparative dimension between different procedures (civil, criminal and administrative) and its theoretical dimension aimed at developing a general theory of litigation, will thus make it possible, on the one hand, to examine the suitability of various procedural rules for enabling the effective application of environmental standards, whatever they may be, and, on the other hand, to assess the desirability of establishing an autonomous environmental procedural law, that is to say, one which is independent of the general rules of law specific to each type of litigation and which proposes a common, or even single, model of environmental litigation, for greater effectiveness.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Début de la thèse : 01/10/2026

Nature du financement

Contrat doctoral

Précisions sur le financement

Concours pour un contrat doctoral

Présentation établissement et labo d'accueil

Université de Reims Champagne - Ardenne

Etablissement délivrant le doctorat

Université de Reims Champagne - Ardenne

Ecole doctorale

555 Ecole Doctorale Sciences Humaines et Sociales

Profil du candidat

Le candidat devra idéalement être titulaire d'un Master de droit de l'environnement ou d'un Master Justice, procès et procédure ou de droit privé. Il devra être intéressé à la fois par les questions environnementales et par les questions processuelles. Des qualités d'abstraction et rédactionnelles sont attendues, de même qu'une importante curiosité et autonomie dans le travail.
The ideal candidate will hold a Master's degree in environmental law, or a Master's degree in justice, litigation and procedure, or private law. They should have an interest in both environmental issues and procedural matters. The ability to think abstractly and strong writing skills are required.
29/04/2026
Partager via
Postuler
Fermer

Vous avez déjà un compte ?

Nouvel utilisateur ?