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Acclimatation et résilience de l’huître creuse Magallana gigas face à des stress environnementaux combinés : approche One Health

ABG-137793 Sujet de Thèse
07/04/2026 Contrat doctoral
LIENSs - CNRS - La Rochelle Université
La Rochelle - Nouvelle Aquitaine - France
Acclimatation et résilience de l’huître creuse Magallana gigas face à des stress environnementaux combinés : approche One Health
  • Biologie
  • Ecologie, environnement
Huîtres creuses ; Ostréiculture ; Changement climatique ; Contamination chimique ; Ecotoxicologie ; Ecophysiologie ; Microbiote ; Résilience ; Interactions hôte-pathogènes environnement

Description du sujet

Les écosystèmes côtiers de la façade atlantique, dont ceux de Nouvelle-Aquitaine, subissent une intensification des pressions environnementales, telles que les contaminations polymétalliques et les vagues de chaleur marine (VCM). Ces stress multiples affectent l’état de santé des organismes marins, fragilisant ainsi les écosystèmes et les activités humaines qui en dépendent, comme le secteur aquacole qui joue un rôle stratégique en termes de production alimentaire sécurisée et de développement économique et social durable. En France, l’ostréiculture constitue l’une des filières aquacoles les plus importantes, majoritairement centrée sur la production de l’huître creuse, Magallana gigas, élevée sur l’ensemble du littoral (FAO, 2023). Espèce ingénieure des écosystèmes côtiers et l’un des mollusques les plus cultivés au monde, M. gigas représente un enjeu économique majeur pour la Région Nouvelle-Aquitaine, qui concentre plus de la moitié de la production nationale d’huîtres (DRAAF, 2018).

Cependant, le secteur fait face depuis des décennies à des épisodes de mortalité d’origine multifactorielle résultant probablement du réchauffement des eaux d’élevage et de l’action de différents agents pathogènes. De plus, la contamination chimique (e.g. métaux lourds) d’origine anthropique des eaux côtières est aujourd’hui préoccupante. Ces polluants chimiques peuvent altérer la reproduction, la croissance, le système immunitaire et la santé globale des organismes marins. De plus, leurs effets peuvent être amplifiés par les VCM. Des études récentes montrent en effet que l’élévation de la température peut modifier la dynamique d’accumulation des métaux et amplifier leurs effets physiologiques chez les organismes marins, en augmentant les taux métaboliques, le stress oxydatif et la vulnérabilité cellulaire aux contaminants métalliques. L’augmentation de la température des eaux peut également modifier la biodisponibilité des métaux lourds et, par conséquent, renforcer leur bioaccumulation et leur toxicité chez les organismes marins, suggérant ainsi un effet synergique entre réchauffement climatique et pollution métallique sur la santé des organismes aquatiques. En ce qui concerne l’huître creuse M. gigas, les épisodes de surmortalités sont souvent corrélés avec l’augmentation de la température de l’eau d’élevage et le stress physiologique associé. Par ailleurs, les bivalves, comme tous les eucaryotes, forment une association étroite et interdépendante avec une grande diversité de microorganismes symbiotiques, constituant leur microbiote. La structure saine du microbiote peut être endommagée par différents facteurs de stress environnementaux, physiques (e.g. les variations de température) ou chimiques (e.g. les métaux lourds), contribuant à la fragilisation de la santé de l’animal. La composition et le fonctionnement du microbiote, pourrait donc refléter la santé des organismes aquatiques

Alors que les effets isolés du changement climatique, de la contamination chimique et des agents pathogènes sont désormais mieux documentés, les effets combinés de ces pressions sur la physiologie de l’huître creuse, ainsi que la transmission intergénérationnelle de phénotypes adaptatifs, restent peu élucidés. Dans ce contexte, le projet de thèse repose sur une approche écologiquement réaliste visant à mieux comprendre, chez M. gigas, comment les dynamiques naturelles d’exposition à des stress environnementaux multiples influencent la santé de l’animal et ses réponses adaptatives, en s’articulant autour de trois questions principales :

1) Comment les stress environnementaux multiples modifient-ils la physiologie, l’immunité et le microbiote de l’huître creuse M. gigas ?

2) Ces réponses peuvent-elles être transmises à la descendance ?

3) Dans quelle mesure ces connaissances peuvent-elles être appropriées par les conchyliculteurs pour adapter leurs pratiques et renforcer la résilience de la filière ?

Prise de fonction :

01/10/2026

Nature du financement

Contrat doctoral

Précisions sur le financement

Présentation établissement et labo d'accueil

LIENSs - CNRS - La Rochelle Université

Le laboratoire LIENSs est une Unité Mixte de Recherche interdisciplinaire (UMR 7266) sous la double tutelle de La Rochelle Université et du CNRS. Ses recherches portent sur le fonctionnement de la zone littorale, son évolution au fil du temps et notamment dans le contexte actuel de changement global et d’urbanisation croissante des côtes, ainsi que sur son usage et son exploitation durable. L’approche du laboratoire combine des expertises disciplinaires pointues sur un large spectre disciplinaire allant des sciences de l’environnement aux sciences humaines en passant par la chimie et les biotechnologies, et la capacité à aborder les problématiques de façon globale au-delà des frontières disciplinaires. Au sein du LIENSs, l’équipe AMARE s’intéresse plus particulièrement à la manière dont les organismes marins répondent aux pressions anthropiques (e.g. tourisme, pollution) et aux changements climatiques (e.g. acidification, réchauffement). Dans ces environnements contraints, les organismes doivent développer des réponses à différentes échelles structurelles (molécule, organe, individu, population), temporelles et spatiales, leur permettant de s’acclimater et/ou s’adapter.

Dans le cadre de cette thèse, les travaux de recherche seront menés au sein de l’équipe AMARE, qui vise à apporter, à l’aide d’organismes modèles, une vision intégrative des processus adaptatifs en milieu littoral à la variabilité environnementale, en cherchant à : i) Caractériser les réponses transcriptionnelles, physiologiques & comportementales, ii) Comprendre comment ces réponses se répercutent de l’individu à la population, et iii) Apporter des éléments de compréhension sur l’acclimatation & les capacités adaptatives des organismes à différentes échelles d’intégration dans un contexte de changement global.

Profil du candidat

  • Titulaire d’un Master 2 dans l’un des domaines suivants : biologie marine, écotoxicologie, écophysiologie, microbiologie marine, ou dans un domaine proche.
  • Des compétences en écophysiologie, en biologie moléculaire et en expérimentation sur les mollusques marins sera appréciées.
  • Bonne maîtrise des outils d’analyse statistique, notamment R et/ou Python.
  • Intérêt pour les approches interdisciplinaires à l’interface entre biologie, environnement, écotoxicologie et Sciences humaines et sociales.
  • Bonne maîtrise de l’anglais scientifique, à l’écrit comme à l’oral.
  • Rigueur, autonomie, sens de l’organisation, bonnes qualités relationnelles et esprit d’équipe.
01/06/2026
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