Flexibilité cognitive, régulation émotionnelle et neuromodulation dans l'autisme // Cognitive flexibility, emotional regulation, and neuromodulation in autism
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ABG-138614
ADUM-74281 |
Sujet de Thèse | |
| 21/04/2026 | Contrat doctoral |
Université Grenoble Alpes
Grenoble Cedex 9 - Auvergne-Rhône-Alpes - France
Flexibilité cognitive, régulation émotionnelle et neuromodulation dans l'autisme // Cognitive flexibility, emotional regulation, and neuromodulation in autism
- Psychologie, neurosciences
Autisme, Depression, Flexibilité cognitive, Régulation émotionnelle, IRMf, rTMS
Autism, Depression, Cognitive flexibility, Emotional regulation, fMRI, rTMS
Autism, Depression, Cognitive flexibility, Emotional regulation, fMRI, rTMS
Description du sujet
Les troubles du spectre de l'autisme (TSA) sont fréquemment associé à des difficultés de flexibilité cognitive [1], pouvant se manifester par une rigidité comportementale, des difficultés d'adaptation et une persistance de schémas cognitifs. Ces spécificités sont généralement reliées à des altérations de la connectivité préfrontale et des réseaux impliqués dans le contrôle cognitif [2].
La flexibilité cognitive est également impliquée dans la régulation émotionnelle, et des perturbations de ces capacités sont observées dans les troubles de l'humeur [3]. Or, les troubles dépressifs sont particulièrement fréquents chez les adultes autistes, avec une prévalence élevée et des formes souvent résistantes aux traitements habituels [4, 5]. Des travaux récents mettent en évidence une corrélation entre dépression et inflexibilité comportementale dans l'autisme [6]. En effet, une moindre flexibilité cognitive pourrait contribuer au maintien de schémas émotionnels négatifs [7], et ainsi participer à la vulnérabilité ou à la chronicisation des symptômes dépressifs. Toutefois, ces relations restent encore peu caractérisées dans l'autisme, en particulier en ce qui concerne leurs bases neurobiologiques.
Dans une perspective visant à améliorer le bien-être et la qualité de vie des personnes autistes, il apparaît important de mieux comprendre ces mécanismes. Cela implique d'identifier des cibles d'intervention pertinentes, susceptibles d'agir sur des processus transversaux impliqués dans le fonctionnement cognitif et émotionnel.
La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) constitue, dans ce contexte, une approche prometteuse. Déjà validée dans le traitement de la dépression dans la population générale [8], elle permet de moduler l'excitabilité corticale et la connectivité de réseaux cérébraux impliqués dans la régulation émotionnelle. Des travaux préliminaires auprès de participants autistes ont suggéré qu'une modulation de l'excitabilité préfrontale pouvait non seulement améliorer les performances de flexibilité cognitive, mais également réduire la symptomatologie dépressive [9]. Néanmoins, ces études restent limitées, notamment en raison de la taille réduite des échantillons et de l'hétérogénéité des protocoles.
Plusieurs questions centrales demeurent : quels sont les réseaux cérébraux associés à la flexibilité cognitive dans l'autisme ? Quel est, au sein de cette population, le lien entre flexibilité cognitive et symptômes dépressifs ? Enfin, ces mécanismes peuvent-ils être modulés par une intervention de neuromodulation ciblée, avec un impact sur l'humeur ?
Pour répondre à ces questions, ce projet propose une approche intégrée reposant sur trois études complémentaires. La première étude visera à identifier les biomarqueurs de connectivité associés aux performances de flexibilité chez des adultes autistes sans déficience intellectuelle, à l'aide d'analyses de connectivité fonctionnelle en IRMf. Elle permettra de caractériser les réseaux impliqués et d'identifier des cibles potentielles pour une intervention personnalisée. En parallèle, la deuxième étude visera à établir, à l'échelle de la population générale, le lien entre les symptômes dépressifs et les performances de flexibilité à l'aide d'un questionnaire en ligne. La troisième étude consistera en un essai clinique exploratoire visant à évaluer la faisabilité, la tolérance et les premiers effets d'un protocole de rTMS personnalisé et accéléré chez des adultes autistes. Cette intervention ciblera les réseaux identifiés dans la première étude, avec pour objectif de réduire la symptomatologie dépressive et d'examiner son impact sur la flexibilité cognitive.
En combinant ces approches neurobiologique, comportementale et interventionnelle ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes reliant cognition et émotion dans l'autisme, et à identifier des leviers d'intervention susceptibles de contribuer à l'amélioration du bien-être des personnes concernées.
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Autism spectrum disorder (ASD) is frequently associated with difficulties in cognitive flexibility [1], which may manifest as behavioral rigidity, difficulties in adapting to change, and persistence of cognitive patterns. These specificities are generally linked to alterations in prefrontal connectivity and in networks involved in cognitive control [2].
Cognitive flexibility is also involved in emotional regulation, and impairments in these capacities are observed in mood disorders [3]. Depressive disorders are particularly common among autistic adults, with a high prevalence and forms that are often resistant to standard treatments [4, 5]. Recent work has highlighted a correlation between depression and behavioral inflexibility in autism [6]. Indeed, reduced cognitive flexibility may contribute to the maintenance of negative emotional patterns [7], thereby increasing vulnerability to, or the chronicity of, depressive symptoms. However, these relationships remain insufficiently characterized in autism.
To improve well-being and quality of life of autistic individuals, it is important to better understand these mechanisms. This involves identifying relevant intervention targets that act on transdiagnostic processes underlying both cognitive and emotional functioning.
In this context, repetitive transcranial magnetic stimulation (rTMS) represents a promising approach. Already validated as a treatment for depression in the general population [8], it enables modulation of cortical excitability and the connectivity of brain networks involved in emotional regulation. Preliminary studies in autistic participants suggest that modulation of prefrontal excitability may not only improve cognitive flexibility performance, but also reduce depressive symptomatology [9]. Nevertheless, these studies remain limited, particularly due to small sample sizes and heterogeneous protocols.
Several key questions therefore remain: which brain networks are associated with cognitive flexibility in autism? Within this population, what is the relationship between cognitive flexibility and depressive symptoms? Finally, can these mechanisms be modulated through targeted neuromodulation interventions, with an impact on mood?
To address these questions, this project proposes an integrated approach based on three complementary studies. The first study aims to identify connectivity biomarkers associated with cognitive flexibility performance in autistic adults without intellectual disability, using functional connectivity analyses in fMRI. It will allow characterization of the underlying networks and identification of potential targets for personalized interventions. The second study aims to establish, at the level of the general population, the relationship between depressive symptoms and cognitive flexibility performance using an online questionnaire. The third study will consist of an exploratory clinical trial evaluating the feasibility, tolerability, and initial effects of a personalized and accelerated rTMS protocol in autistic adults. This intervention will target the networks identified in the first study, with the aim of reducing depressive symptoms and examining its impact on cognitive flexibility.
By combining neurobiological, behavioral, and interventional approaches, this project aims to improve our understanding of the mechanisms linking cognition and emotion in autism, and to identify intervention targets that may contribute to improving the well-being of autistic individuals.
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Début de la thèse : 01/10/2026
La flexibilité cognitive est également impliquée dans la régulation émotionnelle, et des perturbations de ces capacités sont observées dans les troubles de l'humeur [3]. Or, les troubles dépressifs sont particulièrement fréquents chez les adultes autistes, avec une prévalence élevée et des formes souvent résistantes aux traitements habituels [4, 5]. Des travaux récents mettent en évidence une corrélation entre dépression et inflexibilité comportementale dans l'autisme [6]. En effet, une moindre flexibilité cognitive pourrait contribuer au maintien de schémas émotionnels négatifs [7], et ainsi participer à la vulnérabilité ou à la chronicisation des symptômes dépressifs. Toutefois, ces relations restent encore peu caractérisées dans l'autisme, en particulier en ce qui concerne leurs bases neurobiologiques.
Dans une perspective visant à améliorer le bien-être et la qualité de vie des personnes autistes, il apparaît important de mieux comprendre ces mécanismes. Cela implique d'identifier des cibles d'intervention pertinentes, susceptibles d'agir sur des processus transversaux impliqués dans le fonctionnement cognitif et émotionnel.
La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) constitue, dans ce contexte, une approche prometteuse. Déjà validée dans le traitement de la dépression dans la population générale [8], elle permet de moduler l'excitabilité corticale et la connectivité de réseaux cérébraux impliqués dans la régulation émotionnelle. Des travaux préliminaires auprès de participants autistes ont suggéré qu'une modulation de l'excitabilité préfrontale pouvait non seulement améliorer les performances de flexibilité cognitive, mais également réduire la symptomatologie dépressive [9]. Néanmoins, ces études restent limitées, notamment en raison de la taille réduite des échantillons et de l'hétérogénéité des protocoles.
Plusieurs questions centrales demeurent : quels sont les réseaux cérébraux associés à la flexibilité cognitive dans l'autisme ? Quel est, au sein de cette population, le lien entre flexibilité cognitive et symptômes dépressifs ? Enfin, ces mécanismes peuvent-ils être modulés par une intervention de neuromodulation ciblée, avec un impact sur l'humeur ?
Pour répondre à ces questions, ce projet propose une approche intégrée reposant sur trois études complémentaires. La première étude visera à identifier les biomarqueurs de connectivité associés aux performances de flexibilité chez des adultes autistes sans déficience intellectuelle, à l'aide d'analyses de connectivité fonctionnelle en IRMf. Elle permettra de caractériser les réseaux impliqués et d'identifier des cibles potentielles pour une intervention personnalisée. En parallèle, la deuxième étude visera à établir, à l'échelle de la population générale, le lien entre les symptômes dépressifs et les performances de flexibilité à l'aide d'un questionnaire en ligne. La troisième étude consistera en un essai clinique exploratoire visant à évaluer la faisabilité, la tolérance et les premiers effets d'un protocole de rTMS personnalisé et accéléré chez des adultes autistes. Cette intervention ciblera les réseaux identifiés dans la première étude, avec pour objectif de réduire la symptomatologie dépressive et d'examiner son impact sur la flexibilité cognitive.
En combinant ces approches neurobiologique, comportementale et interventionnelle ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes reliant cognition et émotion dans l'autisme, et à identifier des leviers d'intervention susceptibles de contribuer à l'amélioration du bien-être des personnes concernées.
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Autism spectrum disorder (ASD) is frequently associated with difficulties in cognitive flexibility [1], which may manifest as behavioral rigidity, difficulties in adapting to change, and persistence of cognitive patterns. These specificities are generally linked to alterations in prefrontal connectivity and in networks involved in cognitive control [2].
Cognitive flexibility is also involved in emotional regulation, and impairments in these capacities are observed in mood disorders [3]. Depressive disorders are particularly common among autistic adults, with a high prevalence and forms that are often resistant to standard treatments [4, 5]. Recent work has highlighted a correlation between depression and behavioral inflexibility in autism [6]. Indeed, reduced cognitive flexibility may contribute to the maintenance of negative emotional patterns [7], thereby increasing vulnerability to, or the chronicity of, depressive symptoms. However, these relationships remain insufficiently characterized in autism.
To improve well-being and quality of life of autistic individuals, it is important to better understand these mechanisms. This involves identifying relevant intervention targets that act on transdiagnostic processes underlying both cognitive and emotional functioning.
In this context, repetitive transcranial magnetic stimulation (rTMS) represents a promising approach. Already validated as a treatment for depression in the general population [8], it enables modulation of cortical excitability and the connectivity of brain networks involved in emotional regulation. Preliminary studies in autistic participants suggest that modulation of prefrontal excitability may not only improve cognitive flexibility performance, but also reduce depressive symptomatology [9]. Nevertheless, these studies remain limited, particularly due to small sample sizes and heterogeneous protocols.
Several key questions therefore remain: which brain networks are associated with cognitive flexibility in autism? Within this population, what is the relationship between cognitive flexibility and depressive symptoms? Finally, can these mechanisms be modulated through targeted neuromodulation interventions, with an impact on mood?
To address these questions, this project proposes an integrated approach based on three complementary studies. The first study aims to identify connectivity biomarkers associated with cognitive flexibility performance in autistic adults without intellectual disability, using functional connectivity analyses in fMRI. It will allow characterization of the underlying networks and identification of potential targets for personalized interventions. The second study aims to establish, at the level of the general population, the relationship between depressive symptoms and cognitive flexibility performance using an online questionnaire. The third study will consist of an exploratory clinical trial evaluating the feasibility, tolerability, and initial effects of a personalized and accelerated rTMS protocol in autistic adults. This intervention will target the networks identified in the first study, with the aim of reducing depressive symptoms and examining its impact on cognitive flexibility.
By combining neurobiological, behavioral, and interventional approaches, this project aims to improve our understanding of the mechanisms linking cognition and emotion in autism, and to identify intervention targets that may contribute to improving the well-being of autistic individuals.
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Début de la thèse : 01/10/2026
Nature du financement
Contrat doctoral
Précisions sur le financement
Concours pour un contrat doctoral
Présentation établissement et labo d'accueil
Université Grenoble Alpes
Etablissement délivrant le doctorat
Université Grenoble Alpes
Ecole doctorale
216 ISCE - Ingénierie pour la Santé la Cognition et l'Environnement
Profil du candidat
Le ou la candidat·e devra être titulaire d'un master en psychologie, neurosciences ou dans un domaine connexe, et avoir une expérience préalable auprès de personnes autistes, acquise dans un contexte clinique ou de recherche.
Des compétences en neuroimagerie et en analyses statistiques avancées, notamment en IRMf, seront appréciées. À défaut, un intérêt marqué pour ces approches, ainsi que de bonnes capacités d'apprentissage, seront attendus.
Le ou la candidat·e devra faire preuve d'autonomie, de rigueur scientifique et d'un esprit critique. Une bonne connaissance des principes éthiques encadrant la recherche impliquant des participants humains, ainsi que des règles d'intégrité scientifique, sera également requise. Un CPP devra être rédigé pour ce projet.
The candidate should hold a Master's degree in psychology, neuroscience, or a related field, and have prior experience with autistic individuals, acquired in a clinical or research setting. Skills in neuroimaging and advanced statistical analyses, particularly in fMRI, will be appreciated. Otherwise, a strong interest in these approaches, along with good learning abilities, will be expected. The candidate should demonstrate autonomy, scientific rigor, and critical thinking. A solid understanding of ethical principles governing research involving human participants, as well as research integrity standards, will also be required. An ethics application will need to be prepared for this project.
The candidate should hold a Master's degree in psychology, neuroscience, or a related field, and have prior experience with autistic individuals, acquired in a clinical or research setting. Skills in neuroimaging and advanced statistical analyses, particularly in fMRI, will be appreciated. Otherwise, a strong interest in these approaches, along with good learning abilities, will be expected. The candidate should demonstrate autonomy, scientific rigor, and critical thinking. A solid understanding of ethical principles governing research involving human participants, as well as research integrity standards, will also be required. An ethics application will need to be prepared for this project.
19/05/2026
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