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Paroles de docteur : Solène Baffi et l'expérience de la mobilité internationale

Solène Baffi est docteure en géographie, spécialiste des questions de transport et de mobilité. Après s'être livrée sur son parcours, elle nous parle de son expérience en Afrique du Sud et de l’impact que cette mobilité a eu sur  son parcours.

[vous souhaitez en savoir davantage sur son parcours]

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À quel moment êtes-vous partie à l’étranger ? Pourquoi ? Pourquoi avoir choisi l’Afrique du Sud et cette université en particulier ?

Je suis partie initialement au cours de mon Master 1. Je voulais depuis longtemps partir à l’étranger, et j’ai choisi un parcours en Géographie dans lequel il était nécessaire de faire un terrain de recherche à l’étranger, dans un pays en développement en particulier. Parce que je voulais travailler sur les questions de transport et de mobilité en Afrique francophone, mes enseignants m’ont conseillée d’aller au Cap. C’est plutôt un hasard qui m’a donc menée sur ce terrain, et cette première expérience s’est avérée extraordinaire sur plusieurs aspects. J’y suis donc retournée pour faire mon terrain de recherche en M2, puis durant la thèse. Les contacts tissés sur place et la fascination pour mon sujet de recherche sont à l’origine de cette obstination à retourner chaque année au Cap. Durant l’un de mes séjours j’ai rencontré un enseignant-chercheur qui avait écrit un article en lien avec mon sujet de thèse. Il a trouvé mon approche originale, et a décidé de me confier l’animation d’un séminaire dans son université. Lorsqu’il a appris que je soutenais ma thèse il m’a transmis une offre de post-doc publiée dans son établissement. J’ai candidaté et obtenu ce financement, qui m’a permis de travailler dans cette université pendant deux ans.

 

 

Le financement est un point clé dans un projet de mobilité. Pouvez-vous nous dire comment vous l’avez financé ?

Durant les premières années, j’ai systématiquement candidaté aux bourses de recherche allouées par l’Institut Français d’Afrique du Sud, une IFRE (Institut Français de Recherche à l’Etranger) localisée à Johannesburg. Cela ne représentait pas des sommes faramineuses, mais cela m’a vraiment aidée à mettre en œuvre mon projet de mobilité, et lorsque j’étais encore étudiante je travaillais parallèlement à mes études. J’ai eu ensuite l’opportunité d’un financement pour la thèse, que j’ai complété par des bourses ponctuelles de l’IFAS et de mon École Doctorale de rattachement pour réaliser des séjours de terrain. À chaque fois, sachant que je voulais partir, j’ai postulé aux bourses de mobilité publiées dans mon réseau.

 

Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté personnellement et professionnellement ? En quoi cela vous sert-il pour vos activités actuelles ?

Cette expérience a été extrêmement riche. L’apport le plus évident demeure la pratique courante de l’anglais, ce qui est une valeur ajoutée au quotidien. Ensuite, la capacité à s’adapter et à découvrir, se familiariser avec d’autres codes sociaux et professionnels constitue également à mes yeux un apport indéniable de l’expérience de mobilité. Je pense que cela a joué un rôle dans mon recrutement actuel, mais cela résulte essentiellement de la fiche de poste à laquelle j’ai postulé : un certain nombre des activités que je mène sont localisées en Afrique. J’ai également constaté que le fait d’avoir trouvé un emploi à l’étranger (par différence avec un poste d’expatrié, c’est-à-dire le fait de travailler pour une institution locale et non une institution française à l’étranger) a été souligné par plusieurs interlocuteurs lors de ma recherche d’emploi.

 

 

Quelles différences faites-vous entre le monde académique en France et celui que vous avez rencontré en Afrique du Sud ? Dans la manière de faire de la recherche ?

L’Afrique du Sud fonctionne sur le modèle anglo-saxon. Je suis tombée des nues lorsque j’ai compris que les chercheurs et enseignants-chercheurs recevaient des primes de la part de l’Université lorsqu’ils publient des articles… ce qui explique aussi la cadence à laquelle mes collègues produisaient des publications ! Plus généralement, le fonctionnement est structurellement bien plus conditionné par les financements, on retrouve donc une logique de travail par projet assez présente. Cela n’est pas forcément négatif en soi, mais cela se traduit par une pression bien plus forte pour les titulaires, qui doivent constamment trouver des sources de financement pour garantir leur salaire. Les enjeux ne sont donc pas les mêmes ; la qualité de la recherche s’en ressent parfois un peu, tandis que les liens avec le secteur privé et la société civile sont aussi plus forts. Enfin, la recherche-action est assez développée en Afrique du Sud, en lien avec l’histoire politique du pays. Aussi, la plupart des universitaires (surtout en SHS) se sentent une responsabilité de contribuer concrètement au développement de la société et justifier de l’apport sociétal de la recherche est une condition sine qua non pour obtenir des financements.

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