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Relever les défis

E. Jardin

Housna Elfarj est docteur en géographie. Après un crochet vers la sociologie, elle a pénétré le milieu socio-éducatif.

« La géographie est au carrefour des sciences qu’elles soient humaines ou naturelles et j’ai choisi cette discipline pour sa diversité », explique Housna Elfarj.

Son cursus universitaire commence à Casablanca. En maîtrise, elle réussit brillamment un concours et obtient une bourse gouvernementale pour faire son 3e cycle en France. Avec 150 € par mois, quelques adresses et des provisions, Housna débarque à Rouen. La culture, la langue, les études… l’immersion est difficile. Heureusement, soutenue par des collègues rencontrés à l’Institut de géographie, Housna s’accroche, obtient son DEA et décide de poursuivre en thèse. Son sujet : « Les mutations socio-spatiales d’une région du sud-est marocain : la vallée de Ghéris »,  la renvoie sur le terrain. Retour en France pour dépouiller et analyser toutes les sources accumulées. Parallèlement, elle est baby sitter, serveuse dans un resto, distributrice de tracs… Un mal nécessaire ? « C’était une solution provisoire qui m’a donné une place dans la société et qui m’a permis de nouer des profondes amitiés ».

En 1996, sa thèse est terminée. Que faire avec un doctorat en géographie ? « On me renvoyait vers l’enseignement supérieur mais ni au Maroc, ni en France je n’avais de soutien. Dès les premières années de thèse, il faut penser à construire un réseau de connaissances pour espérer obtenir un poste à l’université », conseille Housna. Elle, se retrouvait isolée donc, exit l’université.

Nouveau problème : sa formation de géographe paraît manquer de spécialisation aux yeux des recruteurs. Alors Housna entreprend un DEA de sociologie urbaine. Une bonne idée car l’étiquette de sociologue et quelques tuyaux lui ouvrent les portes des écoles de travailleurs sociaux. Des vacations à droite à gauche, des missions d’animation… Housna enchaîne les jobs mais ne subit pas la précarité car elle la vit comme un espace de liberté, malgré des revenus fluctuant. Toutefois, elle continue à prospecter les emplois dans milieu socio-éducatif et en 2001, via le site emploi des Actualités sociales hebdomadaires, elle est embauchée dans une association, le CPCV pour mener des actions de formation en animation auprès d’élèves de niveaux très différents et ce sans difficulté. « La thèse nous apprend à faire face à beaucoup de situations, à relever des défis que l’on considère comme des challenges intellectuels », analyse Housna.

En mars 2007, dans la même structure, elle accepte une nouvelle mission : coordonner des actions sociales, dont une sur le logement d’urgence à Paris. Désormais, Housna jongle entre l’encadrement des hébergés et les réponses aux appels d’offre. Pas simple dans une période où le social n’est plus l’apanage de structures associatives, mais possible « si l’on anticipe les besoins et les formes d'accompagnement et surtout si l’on n'oublie pas que pour vivre ensemble, c'est la solidarité dans un monde équitable qui prime ».


Mini CV
1996 : Thèse de géographie à l’université de Rouen
1998 : DEA de sociologie urbaine à l’université de Nanterre
1996-2000 : Vacations et divers emplois
2001-2007 : Formatrice et coordonnatrice au CPCV-IDF à Saint-Prix
Mars 2007 : Chargée de Mission au CPCV-IDF à Paris
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