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Pharma : la machine à créer de la valeur est grippée

Sylvie Ouziel, Directeur Général Conseil d?Accenture France Benelux

Pour Sylvie Ouziel du cabinet de conseil Accenture, la bourse a sanctionné le faible rendement des dépenses de R&D des entreprises pharmaceutiques.

Les entreprises pharmaceutiques sont aujourd’hui confrontées à un défi historique qui remet en cause le fondement même de leur modèle économique. La croissance des coûts de développement des nouveaux produits, combinée à une décroissance de leur valeur de lancement, a conduit le retour sur investissement d’un nouveau produit à passer en dessous de 1, pour atteindre la valeur de 0,8 ces dernières années (1). Ce phénomène a notamment été observé pour les produits lancés entre 1995 et 2005, période pendant laquelle leur coût de développement a été multiplié par 3,2. Deux raisons expliquent ce phénomène. Tout d’abord, pour chaque produit lancé, le nombre d’essais cliniques à mener va croissant, dans une logique de précaution accrue. Ensuite, le pourcentage de recherches débouchant sur des molécules efficaces va en diminuant : de nombreux champs thérapeutiques étant déjà couverts par des médicaments existants, il est de plus en plus difficile d’innover.

Durant la même période, la valeur du lancement d’un produit a décru de 38,5%. La pression à la baisse sur les prix, les indications produits restreintes (les médicaments n’étant plus remboursés que dans des cas d’usages très limités et bordés), la montée en puissance des génériques mis au point avant expiration des brevets et la mise en place de mécanismes incitatifs à la substitution, ont généré une décroissance des revenus générés par ces nouveaux produits.

Comment les « big pharma » ont-elles réagi ? Entre 1995 et 2005, elles ont augmenté leurs dépenses de R&D de 3,4, alimentant « la machine à détruire de la valeur ». Par conséquent, la bourse a commencé à mal réagir : entre 2000 et 2005, 500 milliards d’€ euros de capitalisation boursière se sont volatilisés, et ce alors que les performances opérationnelles des laboratoires étaient toujours excellentes avec un résultat net avant impôts, dépréciations et amortissements  de 28% en moyenne en 2005 pour les 14 premiers acteurs du secteur.

De plus, si l’on décompose le cours boursier des 14 premiers acteurs pharmaceutiques en une valeur présente (c'est-à-dire en valeur obtenue mathématiquement en projetant les cash flow (2) actuels dans les années à venir)  et une valeur de « promesse de croissance» (c'est-à-dire en anticipation, déjà traduite dans le cours de bourse, de cash flow plus importants dans l’avenir), on constate que la valeur « promesse » est passée de 69% de la valorisation totale en 2000 à 29% en 2005. Les cours de bourse reflètent donc des attentes de croissance moindre. Ce sont bien les incertitudes sur la croissance future et notamment le rRetour sur Iinvestissement de la recherche qu’a sanctionnée la bourse, et non les performances opérationnelles présentes.

(1) Résultats d’une étude Accenture menée en 2007 sur le retour sur investissement dans le secteur pharmaceutique.
(2) Flux de trésorerie
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