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Insertion professionnelle des docteurs : l'analyse du CAS

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On vous l'a dit et redit : les diplômes protègent du chômage. Et plus votre diplôme est élevé moins vous avez de chance de connaître le chômage à la sortie. Seulement voilà, depuis une dizaine d'années, le doctorat échappe à la règle, affichant un taux de chômage de 10% contre 7% pour les titulaires d'un diplôme de niveau Master. Mohamed Harfi et Laudeline Auriol, du Centre d'analyse stratégique (CAS) se sont penchés sur ce qui constitue bel et bien une exception française.

Ne vous laissez pas arrêter par ce point de départ un peu décourageant : cette note est tout de même l'occasion d'établir un certain nombre de constats intéressants et plus nuancés qu'il n'y paraît :
  • Il n'y a pas de "surproduction" globale de docteurs en France. Les comparaisons internationales le montrent : d'autres pays à fort potentiel de recherche forment plus de docteurs (en proportion d'une classe d'âge) sans pour autant générer autant de chômage qu'en France.
  • Il y a de plus en plus de postes de chercheurs dans les entreprises. Malgré le sous-financement chronique de la R&D privée dans notre pays, le nombre de postes de chercheurs a cru de 30% entre 1999 et 2005 dans les entreprises et le secteur privé emploie plus de la moitié des chercheurs de l'hexagone.
  • Dans le privé, tous les chercheurs ne sont pas docteurs. Loin de là puisque seuls 13,6% des chercheurs sont docteurs et plus de 50% ingénieurs. Les employeurs continuant à privilégier les profils d'ingénieurs, la hausse du nombre de postes n'a pas particulièrement profité aux docteurs. Remarquons toutefois que c'est dans les disciplines les plus exposées à la concurrence des ingénieurs (mécanique, électronique, informatique, sciences de l'ingénieur) que les docteurs sont à la fois moins nombreux à connaître le chômage et plus nombreux à exercer une fonction de recherche (70%) ou à travailler dans le secteur privé (58%).
  • L'horizon des docteurs ne se limite pas à la recherche : "en 2007, 38% des docteurs diplômés en 2004 en France occupaient un emploi hors recherche". Et la proportion dépasse même les 50% dans le secteur privé. Un point positif pour les auteurs qui en concluent que "les docteurs acquièrent des compétences transférables qui leur permettent d'occuper d'autres métiers" et que "cette diffusion du diplôme de doctorat en entreprise, pour les emplois hors recherche, contribue à atténuer les difficultés d'insertion des docteurs (...)"
  • Les disciplines ne sont pas toutes logées à la même enseigne. C'est en Chimie, Lettres et sciences humaines et Sciences de la vie et de la Terre que se concentrent toutes les difficultés. Les taux de chômage sont au-dessus de la moyenne (16% pour la chimie) et les débouchés se caractérisent par une surreprésentation du secteur public et des fonctions hors recherche.
  • Les docteurs ayant bénéficié d'un financement (Cifre ou allocation de recherche) sont bien moins nombreux à être au chômage trois ans après leur soutenance (6%).
Rappelant l'importance des enjeux - l'image de la science auprès des jeunes et la qualité des recrutements futurs, l'image internationale de la science française, la capacité d'innovation et la compétitivité de notre pays dans l'économie de la connaissance, rien que ça !- Mohammed Harfi et Laudeline Auriol formulent 5 propositions :
  1. Améliorer l'information des établissements et des étudiants, notamment en associant davantage des acteurs privés à la production de données régulières, par disciplines, sur les besoins de recrutements et sur l'insertion professionnelle des docteurs.
  2. Réaffirmer le rôle central des PRES dans la coordination et la régulation de l'offre de formation doctorale, notamment en favorisant le transfert au PRES de la compétence de délivrance des diplômes et des moyens de financement des contrats doctoraux.
  3. Associer davantage les grandes écoles aux formations doctorales, pour permettre à davantage d'ingénieurs de préparer un doctorat.
  4. Améliorer la proportion de thèses financées, notamment par les entreprises : d'une part en fixant un objectif aux universités dans le cadre de leur contractualisation avec l'État ; d'autre part, en imaginant un dispositif permettant à une entreprise de financer une thèse en contrepartie d'un engagement du doctorant à demeurer quelques années dans l'entreprise après son embauche.
  5. Reconnaître le doctorat dans les conventions collectives, notamment les grilles salariales.
Et vous ? Que pensez-vous de ces propositions ? N'hésitez pas à nous proposer vos commentaires ci-dessous.

Source : Les difficultés d'insertion professionnelle des docteurs : les raisons d'une « exception française » , Mohammed Harfi et Laudeline Auriol, Note de veille n°189, juillet 2010, Centre d'analyse stratégique.
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